Chiaravan – Espoir, Angoisses, Bonheur : la Maternité !

Une mère, une femme, des futilités mais aussi des sujets sérieux

Quand le laisser m’arrache le coeur…

5 Commentaires

Je savais que je serai une mère louve… Je n’avais pas forcément anticipé que je serai aussi croisée pitbull/dragon !

Depuis toute jeune, je le ressens au fond de moi : être maman serait l’accomplissement de ma vie. Je ne me faisais aucun doute là-dessus. J’avais un peu peur de galérer. Mais je n’aurais jamais imaginé devoir passer par la PMA.

J’ai vécu seulement 18 mois d’essais, car nous avons eu la chance immense d’être orientés en PMA dès 6 mois. Merci super-gygy qui n’a pas attendu un an voire deux pour nous faire passer un spermogramme !

Dix-huit mois en tout, cela paraît court… Mais ce furent six premiers mois de doutes car zéro cycle, puis douze mois de PMA intenses, des jours à pleurer, des nuits sans sommeil… Une vie suspendue à des piqûres, des dosages hormonaux, des échographies, beaucoup d’attente, de cauchemars. Pas de pause, je voulais enchaîner, foncer, jusqu’à la réussite !

Douze mois durant lesquels nous avons couru : examens poussés, traitements, spermogrammes, FIV, réunions d’informations, entretiens médicaux. Durant lesquels je suis passée entre tant de gynécologues…

Une période qui m’a fait sombrer dans la dépression après ma fausse-couche post-FIV de Janvier 2012 : une réussite dès la première FIV me semblait si magique… pourquoi me laisser vivre cette intense plénitude quelques jours, pour ensuite m’arracher la vie en moi et me laisser me sentir si vide et morte…

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Puis la Vie est revenue vers moi en Juin 2012, après six mois de tréfonds dans lesquels je ne me serais pas cru capable de tomber. La dépression ne m’a pas quittée pour autant, les peurs se sont juste déplacées : peur de perdre mon petit passager, que quelque chose n’aille pas… peur que cette vie si fragile souffre.

Et j’ai accouché. J’ai adoré ! Je me suis sentie si entière, lors de sa première tétée, en peau à peau. Depuis ce 9 Mars, la terre pourrait trembler sous mes pieds, je me sens vivante et accomplie. Nous sommes trois.

Mais mes angoisses sont toujours là. Impossible de le laisser. Impossible de vivre juste pour moi. Ces angoisses de séparation m’empêchent pour le moment de travailler : je mourrais de le laisser à un autre, partir le matin, rentrer le soir… Je mourrais de perdre la tétée-câlin du matin dans notre lit après être allée le chercher dans sa chambre, accueillie par des cris de joie et des rires. Je mourrais de ne pas lui faire découvrir les aliments le midi et au goûter… De rentrer le soir et découvrir les progrès qu’il aurait faits… sans moi en spectatrice.

J’y travaille, je suis suivie… Je suis consciente aussi, de cette sensation paralysante quand il est loin de moi, pour les quelques fois durant lesquelles je l’ai laissé (à ma mère uniquement, et pour deux heures maximum). Le chemin est long mais je parviendrai à le laisser, un jour… Je crois.

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Ceux qui me côtoyaient durant ma dépression pendant la PMA me voyaient toujours joyeuse, épanouie. Je suis passée maîtresse dans le port du masque depuis des années, que je déploie à la perfection pour ne pas laisser paraître mes faiblesses. Ceux qui me connaissent vraiment (et ils se comptent sur une main) savent ce qui se cache sous la carapace. Aujourd’hui, peu de choses laisseraient paraître mes angoisses… tant que mon fils est avec moi. Je m’épanouis à 100% avec lui. Mais j’ai aussi un travail et une partie de ma vie entre parenthèses actuellement.

Avoir si peur de ne pas connaître ces émotions et ces sensations indescriptibles que sont porter un enfant, lui donner la vie et l’aider à grandir… Puis ne pas parvenir à se dé-fusionner de ce petit être… C’est sans doute normal. On m’a dit lors de ma grossesse « maintenant tu es enceinte, tu va oublier. » Non, on n’oublie rien. On avance, mais on pleure toujours à certaines dates. Mon Loulou me comble au-delà de mes espérances, mais je n’oublie pas pour autant. J’ai été changée par tout cela ! Et je n’ai nullement honte de parler de mes faiblesses aujourd’hui 😉

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5 réflexions sur “Quand le laisser m’arrache le coeur…

  1. Je te comprends tout à fait parce que je suis comme toi. Je n’ai pas dû passer par la PMA mais j’ai eu de grosses difficultés à tomber enceinte et j’ai aussi fait une fausse couche. J’ai toujours eu le sentiment qu’on allait me prendre mon bébé. Du coup, comme toi, j’ai du mal à le laisser, je ne suis bien que quand elle est près de moi. Ce n’est pas toujours évident pour l’entourage de comprendre ce comportement, surtout pour les grands-parents. Ne pas vouloir partager son bébé est un comportement pas toujours bien toléré.

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  2. Je te comprends tout à fait…
    Je n’ai pas vécu la PMA mais je suis une mère-louve… Pour dire, je ne supportais même pas qu’on prenne mon bébé dans les bras si ce n’était pas quelqu’un que j’avais choisi moi (à part mon homme évidemment)!!! Ca a été très mal vu et vécu par nos familles… Ce qui fait que maintenant (encore plus qu’avant) je déteste une partie de ma belle-famille et réciproquement…
    Je suis retournée bosser et finalement, ça n’a pas été si dur que ça de laisser mon bonhomme (parce qu’encore une fois, j’avais choisi). Et puis, maintenant, j’en ai 2… Je suis toujours une mère-louve mais je me soigne…
    J’ai relativisé sur plein de choses, pris sur moi (ou pas) mais j’arrive mieux à m’en séparer… Heureusement parce que là, ils sont en vacances avec leurs grands-parents parce que la crèche est fermée et qu’on a juste pas le choix de faire autrement…

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  3. Je ne suis pas maman, juste une pmettes parmis tant d’autres. Mais je sais, j’imagine que l’on n’oublie pas, c’est un chapitre de notre vie, une partie de nous, des années, on ne peut pas oublier toute cette souffrance.
    Il ne faut pas avoir honte de ces faiblesses (c’est moi qui dis ça). Il y a des maux que personne ne peut comprendre. Certes aujourd’hui tu es maman, cela ravive les douleurs, ce par quoi tu es passée.
    Courage, a bientot

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