Chiaravan – Espoir, Angoisses, Bonheur : la Maternité !

Une mère, une femme, des futilités mais aussi des sujets sérieux

Quand un malentendu perturbe notre équilibre

9 Commentaires

Cela fait plusieurs mois que je veux prendre le temps de vous parler d’une notion capitale pour moi : le réservoir affectif. Les évènements de ce weekend m’ont poussée à écrire là, maintenant, tout de suite, tant ils ont été saisissants à mes yeux.

Pour vous résumer le principe, le réservoir affectif d’une personne (et oui, ça marche de la même façon chez les adultes) c’est le besoin d’amour, de reconnaissance et de sécurité que chacun éprouve. Plus on répond aux besoins de l’autre, plus on est attentif à ses émotions, plus il se sent aimé, compris et rassuré sur l’essence même de son être. Et plus son réservoir est plein. Un enfant dont le réservoir affectif est comblé sait que vous, ses parents, serez toujours là pour lui, il sera donc plus enclin à vous « lâcher » pour découvrir le monde, puisqu’il sait que vous serez là pour le rattraper si besoin, quoi qu’il arrive. D’où le fait que materner son enfant ne le conduit pas à être pot-de-colle et ignare, bien au contraire. Un enfant au réservoir affectif gonflé à bloc possède toutes les clés pour s’épanouir dans la bienveillance. Je développerai plus longuement ce vaste thème dans d’autres billets. Intéressons-nous aujourd’hui au malentendu entre mon fils et moi de ce weekend.

Il a débuté la crèche à la rentrée et ça se passe très bien, il y dort, joue, goûte, impeccable. Mais pleure toujours quand je l’y laisse. Et on le comprend bien, pauvre chat il lui faut un peu de temps pour s’adapter. Mais la semaine dernière c’est Mamy qui est allée le chercher deux soirs, j’avais des rendez-vous. Et dès vendredi soir, l’enfant qui était jusqu’ici très fusionnel avec moi m’a totalement rejetée.

Il ne cessait de réclamer « mamy, mamy », se jetait dans ses bras pour s’y blottir et mieux me repousser ; a même commencé à me taper et refuser les câlins en hurlant. Quelle claque pour la maman fusionnelle que je suis. Ce weekend a été terrible pour moi : il a préféré rester contre son père, loin de moi ; m’éloignant de la main à chaque tentative d’approche, appelant son père ou sa grand-mère lors du coucher…

Des larmes, j’en ai versées. Pour le coup, mon réservoir affectif était à sec et je me suis sentie totalement désaimée du monde entier. J’avais beau me dire que c’était normal, que cela correspondait avec le début du terrible two et que le dé-fusionnement d’avec sa maman devait passer par cette phase de rejet, je n’en ai pas eu moins mal au fond de mon cœur.

Qui dit réservoir affectif vide dit réaction idiotes et tout aussi vides d’amour. Je me suis aigrie et ai dit à mon fils ce que j’ai cru qu’il voulait entendre : « puisque tu ne veux plus de moi », « puisque tu ne m’aimes plus ». Je savais que c’était faux. Mais mon cœur me criait le contraire. Sans surprise, ces mots ont aggravé son comportement, son agressivité, son rejet vis-à-vis de moi. Jusqu’au trajet de retour en voiture dimanche soir. Il hurlait, épuisé, je suis passée derrière pour le rassurer, il m’a rejetée avec violence. Je suis sortie de la voiture dès notre arrivée, blessée, murée dans ma carapace.

« t’as gagné, je ne monterai plus en voiture avec toi. »

La crise qui a suivi cette phrase m’a fait prendre soudain conscience de mon absolue erreur. Ce petit garçon m’a semblé totalement perdu face à cette maman dont il ne reconnaissait pas, lui non plus, le comportement. je me suis baissée à sa hauteur pour le calmer et il s’est jeté à mon cou en sanglots, me serrant de toutes ses forces de ses bras. Il me criait combien son réservoir affectif était desséché.

Et là, j’ai tout compris.

Il passe du temps à la crèche, il n’a pas l’habitude et ne comprend pas pourquoi sa maman le laisse ainsi l’après-midi, en souriant malgré ses pleurs, comme si rien n’était grave. Pour lui, c’est un chamboulement et il a eu besoin d’être sûr que sa maman l’aimait toujours, qu’elle l’aimerait toujours quoi qu’il arrive. J’ai eu la sensation qu’il me testait, qu’il voulait voir si, même en étant méchant, je serai toujours là pour lui. Il en voulait plus que le simple quotidien. Il voulait plus d’amour, plus d’attention, plus de temps privilégié.

Au lieu de répondre à son agressivité d’une façon similaire, j’ai radicalement changé mon comportement. « Quoi que tu fasses, je t’aimerais toujours, je serai toujours là pour toi mon cœur ». Depuis dimanche soir je suis en lune de miel avec mon fils. Douche ensemble, cododo pour la sieste, mots-doux et gestes d’amour. J’en ai toujours beaucoup usé au quotidien, mais là je me surpasse.

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Le résultat ? En la seule soirée de dimanche j’ai retrouvé la relation privilégiée avec mon fils. J’ai su répondre à son besoin, j’ai su combler à nouveau son réservoir, et il a rempli le mien au centuple. Il m’a montré combien il avait besoin que je le rassure en lui donnant tout l’amour dont je dispose.

Si je n’avais pas eu ce déclic, lui comme moi nous serions infligé mutuellement beaucoup de douleur. Je crois que s’il n’y avait qu’une chose à retenir, c’est celle-ci : un enfant ne fait pas de crise, ne fait pas de peine en pleine conscience : il agite juste la sonnette d’alarme : « hey ! j’ai besoin de toi, de ton attention, arrête ton quotidien et regarde-moi, écoute-moi ! »

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9 réflexions sur “Quand un malentendu perturbe notre équilibre

  1. ❤ Merci pour ce recentrage parfois fort utile ! et contente que vous vous soyez retrouvé !

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  2. Les changements .. C’est difficile pour nos bébés !
    Grâce à toi j’ai encore plus conscience de la notion de réservoir affectif et je vais remplir à fond celui de ma bébé ! En espérant pouvoir refaire des nuits complètes un jour 😉

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  3. Aie…. On a beau le savoir ça doit quand même être horrible à vivre! Bises de réconfort à tous les deux, heureusement que c’est passé!

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  4. Merci pour cette article jolie Kali! Comme je te l’ai dit sur instagram ce matin, il me parle énormément puisque je suis en train de vivre la même chose que toi! Ma fille pleure le matin quand je la laisse à la crèche et ce sont vraiment des pleurs de souffrance, bien différents des pleurs de caprice ou de colère. Comme toi, je lui dis au revoir avec le sourire alors qu’elle a le sentiment que je l’abandonne. En discutant avec mon mari, j’ai mieux compris ses comportements et ton article ne fait que me conforter là-dedans. Du coup, je m’en veux d’avoir été injuste avec elle avant de comprendre ses besoins… Je me sentais rejetée et ça me faisait mal. Mais tu le dis très bien, nos enfants nous testent, veulent voir si nous les aimons toujours autant même s’ils sont méchants. Tu expliques en tout cas très bien cette notion de réservoir affectif.

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    • Tu n’as pas été injuste, mais tu souffres de la situation et c’est bien normal et humain ! Ca fait bizarre de devoir faire passer les besoins de quelqu’un avant les nôtres : on n’est pas éduqués à ça ! Disons que voir les choses comme j’ai fini par les voir, aide à supporter ce sentiment de colère et de souffrance et à le transformer en une forte empathie pour notre enfant. C’est dingue comme, quand on arrive à appliquer cette notion, le rapport aux autres change !
      Bisous ma belle tiens-moi au courant 😉

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  5. Pingback: Deux ans… | Chiaravan - Espoir, Angoisses, Bonheur : la Maternité !

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