Chiaravan – Espoir, Angoisses, Bonheur : la Maternité !

Une mère, une femme, des futilités mais aussi des sujets sérieux


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Deux ans…

Deux ans. Incroyable. Chouchou devient aujourd’hui, officiellement, un petit garçon, un bambin ! L’heure pour moi, après quelques mois d’activité plus que réduite sur le blog, de vous dresser un petit bilan.

Depuis ses premiers jours, nous suivons les préceptes de l’éducation bienveillante. Je vous ai déjà parlé des notions de réservoir affectif et d’écoute empathique. Jamais, jamais, je n’ai dit à mon fils « ce n’est rien » quand il pleurait. Jamais je ne lui ai dit quelque chose du genre « c’est bien fait ». Jamais je ne l’ai menacé. Et évidemment, chez nous, personne ne tape personne, sous aucun prétexte. Adulte, enfant, chien, chat. Pire encore, nous ne lui disons jamais NON.

Quel laxisme !

Que nenni ma bonne dame. Je suis plus sournoise maligne que cela 😉 Nous ne lui disons jamais non. Mais il ne vit pas dans un environnement dépourvu de règles pour autant ! Je sais contourner les choses. Il veut à tout prix faire une bêtise. Au lieu de dire non, j’attire son attention sur autre chose « ooh et si tu allais plutôt faire un câlin à Gros Chat / chercher Nounours / coller des gommettes ? » Et cela marche, vraiment.

Il ne veut pas ranger. Je lui explique que tant qu’il n’aura pas rangé, il ne passera pas à autre chose, et que pour faire vite ce qu’il veut il est préférable de vite tout ranger ! Ça marche aussi. Mais ce qui marche du tonnerre ? LA question qui le fait réfléchir, qui fait appel à son sens logique : « Comment pourrais-tu faire pour que le caddie soit plein de tous les jouets qui sont au sol ? » Il réfléchit une demi-seconde. Et prend, lui-même, l’initiative de tout ranger. Et cela le rend tellement fier : il l’a fait tout seul.

Et quand vraiment il faut arrêter le carnage, c’est le STOP que j’emploie (oui oui, comme dans l’éducation canine que j’emploie depuis toujours, ben quoi ?)

Nous avons sauté à pieds joints dans cette sainte période de terrible two il ya quelques mois déjà, je dirais même depuis ses 18 mois. Et pourtant, je le vis très bien.

Le terrible Two

On en frémit rien qu’à son évocation. Mais je crois que tout est question de perception. Evidemment, si je prends toutes ses sautes d’humeur et ses crises de pleurs pour (contre !) moi, je ne peux que me braquer moi aussi et perdre patience ! J’ai une autre approche. Je sais à quoi correspond cette période. Je sais le tsunami d’émotions qui le submerge. Cette envie de faire tout seul, mais sans en avoir encore les pleines capacités. Cette envie de dire tellement de choses que je vois bien que les paroles vont plus vite dans son cerveau que ce qu’elles ne sortent dans son langage. C’est dur à vivre pour ces petits êtres. Ils ont envie de prouver, de se prouver, qu’ils existent à part entière. Leurs NON incessants sont leur seule façon de nous montrer qu’ils ont leur propre libre-arbitre. Je crois qu’en ayant conscience de tout cela, on gère beaucoup mieux ces moments délicats.

Quand il me dit non, ou s’oppose, si ce n’est rien de grave je dis « OK » et on passe à autre chose. Et du coup il fait ce que je lui ai demandé instantanément. Si c’est une consigne non négociable du genre « tu vas ranger tes affaires », j’essaie de limiter sa possibilité : « Préfères-tu ranger seul, ou avec moi ? » Il a, là encore, la sensation de faire ses propres choix et j’essuie ainsi un peu moins de non…

Vivre avec un enfant en terrible two, c’est un peu vivre avec un schizophrène. Un soir « Mamaaaan t’aime très fort, t’aimerai toujouuuurs ! » et le lendemain « Maman PAS BELLE ! » puis quelques minutes après « Petit caliiiin Mamaaaan » Si, Si. On s’y fait ! Tsunami je t’ai dit.

L’approche Montessori

Ces derniers temps je mets de plus en plus d’activités Montessori en place. Cartes de nomenclature, éveil des sens, découpage, jeux ludiques avec les couleurs… Il est très appliqué et curieux. J’ai remarqué que ce type d’activité parvient à le canaliser, lui d’ordinaire si speed. Ces quelques moments de calme l’aident à s’apaiser, chaque jour un peu plus, et toujours dans la découverte des choses de la vie. J’aime tout particulièrement cette pédagogie, axée essentiellement sur le « apprends-moi à faire seul ».

Un puzzle animaux marins, dont on fait le parallèle avec les photos du petit livre : associations et réflexion. Je double avec des cartes de nomenclature.

Lui, et ses deux ans, en quelques anecdotes

  • Ses crises ne durent jamais plus de 10 secondes. Jamais.

    Un petit livre photo de SON histoire. Je le recommande ! C’est super pour lui de découvrir d’où il vient !

  • Il fait des tonnes de bisous et câlins.
  • Il est toujours allaité et on KIFFE !
  • Il lit, lit, lit….
  • Il est très poli, bien que je n’aie jamais insisté lourdement sur ce point.
  • Il reconnait sa droite et sa gauche après une seule fois ou je lui ai dit.
  • Il épelle son prénom et nom de famille depuis ses 18 mois et reconnaît beaucoup de lettres de l’alphabet.
  • Il peut découper pendant des heures, assis à table, des images de magasines, des petites chutes de papier… Avec ses petits ciseaux de maternelle il est très fier de pouvoir tout gérer seul.
  • Il voue une passion à la peinture.
  • Il est à fond dans l’imaginaire depuis 2 bons mois. Ainsi nous buvons du thé factice, il passe des heures à réparer les roues de ses véhicules ou à leur faire le plein d’essence.
  • Très proche des animaux, il donne les croquettes aux chiens et aux chats, les brosse, les serre de toutes ses forces contre lui.
  • Il fait la lessive presque tout seul et passe l’aspirateur.
  • C’est un Terminator du dodo de journée. Parfois il reste éveillé de 7h30 à 20h30-21h. Il se gère et s’aménage des périodes de repos, vautré sur le canapé au calme.
  • Il adore préparer le repas, et manger. Quand je lui demande ce qui lui ferait plaisir comme plat, il peut me répondre qu’il a envie de pois cassés ou de brocolis.

Chou frisé sauté aux oignons, baies de goji, graines de sésame et sauce soja, accompagnés de pois cassés… Yummy !!

  • Notre balade dominicale à trois est primordiale. Une heure de tricycle durant lesquelles nous observons la nature, les tracteurs, les champs, le ruisseau… Joie de vivre à la campagne.
  • Très possessif, il n’a pas envie de décrocher sa puéricultrice préférée à la crèche et fait des crises quand elle s’occupe d’autres enfants. A l’inverse, à la maison il ne se montre pas du tout jaloux des autres, enfants ou adultes. Il est par contre très demandeur, d’attention, d’amour…

Bref, un enfant plein de joie de vivre, toujours aussi intense depuis ses tous premiers jours, beaucoup de bonheur aussi au quotidien. Je suis fière de partager chaque moment de sa vie, chacune de ses expériences. C’est un régal de le voir évoluer.

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Gros Barbu, tu ne passeras pas par chez nous !

Et oui ! Un billet dans l’air du temps en décembre… Attention, surprise ! Je vais vous parler de… Noël. Et plus précisément du Père Noël et du gros sujet qui déchire les familles en ce mois de la Nativité : « faire croire » ou non à ce sympathique (ou pas) bonhomme, qui apporte les plus beaux cadeaux aux enfants sages (chantage bonjour)

Un peu d’histoire…

Le Père Noël apparait en 1821 dans un conte pour la première fois, et est illustré en 1863 tel un gentil bonhomme ventripotent et barbu , vêtu de rouge et accompagné de ses rennes. Et c’est Coca-Cola qui l’a démocratisé en 1931 pour une publicité ! Voilà pour planter le décor. A la base, rappelons que Noël est une fête chrétienne, le 25 décembre à minuit c’est avant tout la Nativité, la naissance de ce bon petit Jésus. Au départ ils n’ont pas été très contents les chrétiens puis bon, tout ce petit monde cohabite depuis lors.

santa coca

Mon rapport à Noël

Tout d’abord, je dois reconnaître que je n’ai jamais été une grande fan de Noël ; petite c’était chouette de se retrouver en famille, autour de la table de mes grands-parents et des superbes plats de ma grand-mère. Ma famille est chrétienne et mes grands-parents avaient une grande foi ; Noël voulait vraiment dire quelque chose alors. Mes parents m’ont laissée croire au Père Noël puisque c’est la tradition mais sans appuyer dessus. Je ne me souviens pas avoir entendu que ce dernier allait m’apporter mes jouets par exemple. Très vite mon esprit de Sherlock Holmes a bien compris qu’il y avait baleine sous gravillon : à cinq ans le coup de « va faire un bisou à Papy et Mamy » et POUF les cadeaux apparaissent : cela n’a plus marché ! Oust cette histoire pour moi. Début 2003, à dix-huit ans j’ai perdu mes grands-parents et ma famille n’a alors plus fêté Noël le 25 Décembre mais le 24 au soir. Le 25, c’était vraiment pour eux et on leur a gardé ce jour. Plus envie.

Bref. Tous les ans à Noël j’ai envie de prendre dix jours de vacances et revenir le 2 janvier ! On m’avait dit qu’avec un enfant la « Magie de Noël » s’emparerait de moi.

Non.

Je suis ravie bien sur de partager ces moments en famille ! Mais rentrer dans tout le folklore Père Noël c’est non. La magie ne se résume pas à cela. Nous avons fait notre calendrier de l’Avent tous les deux avec Chouchou, nous avons peint, décoré le sapin en bois et ses 24 tiroirs. Je lui expliqué ce que représente l’Avent et ce que l’on fête le 25 Décembre. Il a un livre de gommettes qui lui explique : Jésus, Marie, Joseph, l’âne et le bœuf, les Rois Mages etc. Cela fait partie de la culture de notre famille, tout simplement. Est-ce que tout cela, ce n’est pas déjà magique ?

creche

Pourquoi nous avons choisi de ne pas faire croire au Père Noël à Chouchou

Plein de raisons. Je ferais tout d’abord un parallèle avec l’éducation bienveillante : comment apprendre à notre enfant à ne pas taper si les sévices corporels ont cours sous notre toit ? Ici, nous raisonnons de la même manière : nous n’avons, si Gros Papou ni moi, envie de mentir à notre fils pour lui répéter ensuite que mentir c’est mal. Alors, bien sûr, vous me direz que ce n’est pas un mensonge, c’est juste mettre un peu de magie dans le quotidien, voir ses petits yeux émerveillés… mais en me plaçant à la hauteur de mon enfant, non, moi ce que je vois c’est que nous jouerions de sa crédulité et se confiance aveugle envers nous. « On y a cru et on n’en est pas mort. » Bien sûr que non ! Mais nous n’avons pas envie de mentir à notre fils, point 🙂 Je préfère de loin qu’il ait conscience des choses. Et puis pardon, mais Dieu merci la magie de Noël ne se résume pas à cela !
Ensuite, je n’ai pas envie de rentrer dans cette surconsommation sociétale : des hommes à la barbe blanche déguisés partout pour faire des photos à 15 euros de certains bébés ou enfants qui hurlent de peur (poke Julia), des montagnes de cadeaux que l’enfant considère comme un dû… Ou pire, les « si tu n’es pas sage Papa Noël ne t’apportera rien »… Tellement loin de notre philosophie !

pere noel

Et ce n’est pas moi qui le dis, c’est Maria Montessori !

Ma mère a grandi en apprenant que si les gens se faisaient des cadeaux à Noël, c’était pour fêter la Naissance de Jésus qui était un grand bonheur. Et j’ai eu le coup de foudre pour cette version. Je la trouve mignonne, attachante, juste connotée ce qu’il faut pour la croyante que je suis. Elle transmet à notre fils les valeurs qui nous conviennent : faire des cadeaux pour faire plaisir et pas juste parce qu’il le faut.

Ensuite, si notre fils sait d’où proviennent ses cadeaux, il prend mieux conscience de la valeur des choses, de la notion d’offrir et de recevoir, de remercier. Du haut de ses 21 mois, quand il joue avec des jouets que je lui ai offerts en revenant des courses il me dit toujours « cadeau maman », de même avec les peluches que sa Tatie lui a offerts, ou les nombreux jouets que Mamy et Papy lui remettent juste comme ça, pour faire plaisir. Ces cadeaux le rapprochent des personnes qui les lui ont offerts, il pense à eux quand il s’en sert. Il apprend que pour faire des cadeaux, il faut donner de sa personne : même pour lui, lorsqu’il m’offre tout fier ses créations du jour, qu’elle soient peinture, coloriage ou gommettes. Et que le merci en retour fait chaud au cœur.

Et puis franchement, JE mérite que l’enfant sache que c’est MOI qui me suis tapée des heures de shopping et de marée noire humaine dans la jungle des rayons jouets, tout cela pour revenir crevée (et ruinée) à la maison avec les pieds en sang et des blessures partout (comment ça j’exagère ?!)

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Comment on va faire ?

Et oui, la pression sociale pousse à la croyance au Père Noël. A la crèche, Chouchou a fait sa lettre en découpant les photos des jouets qui lui plaisaient. En ce moment même, le Père Noël leur rend visite. Comment ne pas se faire emporter par l’entourage ?

Nous lui avons expliqué que le Père Noël fait partie d’un conte, au même titre que tous les personnages du Pays des Rêves, des animaux qui parlent et tout ce que l’on peut imaginer à la maison. Il existe donc pour ceux qui ont envie d’y croire. Nous verrons l’année prochaine comment il perçoit tout ceci et, comme toujours, nous nous adapterons 😉


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Quand un malentendu perturbe notre équilibre

Cela fait plusieurs mois que je veux prendre le temps de vous parler d’une notion capitale pour moi : le réservoir affectif. Les évènements de ce weekend m’ont poussée à écrire là, maintenant, tout de suite, tant ils ont été saisissants à mes yeux.

Pour vous résumer le principe, le réservoir affectif d’une personne (et oui, ça marche de la même façon chez les adultes) c’est le besoin d’amour, de reconnaissance et de sécurité que chacun éprouve. Plus on répond aux besoins de l’autre, plus on est attentif à ses émotions, plus il se sent aimé, compris et rassuré sur l’essence même de son être. Et plus son réservoir est plein. Un enfant dont le réservoir affectif est comblé sait que vous, ses parents, serez toujours là pour lui, il sera donc plus enclin à vous « lâcher » pour découvrir le monde, puisqu’il sait que vous serez là pour le rattraper si besoin, quoi qu’il arrive. D’où le fait que materner son enfant ne le conduit pas à être pot-de-colle et ignare, bien au contraire. Un enfant au réservoir affectif gonflé à bloc possède toutes les clés pour s’épanouir dans la bienveillance. Je développerai plus longuement ce vaste thème dans d’autres billets. Intéressons-nous aujourd’hui au malentendu entre mon fils et moi de ce weekend.

Il a débuté la crèche à la rentrée et ça se passe très bien, il y dort, joue, goûte, impeccable. Mais pleure toujours quand je l’y laisse. Et on le comprend bien, pauvre chat il lui faut un peu de temps pour s’adapter. Mais la semaine dernière c’est Mamy qui est allée le chercher deux soirs, j’avais des rendez-vous. Et dès vendredi soir, l’enfant qui était jusqu’ici très fusionnel avec moi m’a totalement rejetée.

Il ne cessait de réclamer « mamy, mamy », se jetait dans ses bras pour s’y blottir et mieux me repousser ; a même commencé à me taper et refuser les câlins en hurlant. Quelle claque pour la maman fusionnelle que je suis. Ce weekend a été terrible pour moi : il a préféré rester contre son père, loin de moi ; m’éloignant de la main à chaque tentative d’approche, appelant son père ou sa grand-mère lors du coucher…

Des larmes, j’en ai versées. Pour le coup, mon réservoir affectif était à sec et je me suis sentie totalement désaimée du monde entier. J’avais beau me dire que c’était normal, que cela correspondait avec le début du terrible two et que le dé-fusionnement d’avec sa maman devait passer par cette phase de rejet, je n’en ai pas eu moins mal au fond de mon cœur.

Qui dit réservoir affectif vide dit réaction idiotes et tout aussi vides d’amour. Je me suis aigrie et ai dit à mon fils ce que j’ai cru qu’il voulait entendre : « puisque tu ne veux plus de moi », « puisque tu ne m’aimes plus ». Je savais que c’était faux. Mais mon cœur me criait le contraire. Sans surprise, ces mots ont aggravé son comportement, son agressivité, son rejet vis-à-vis de moi. Jusqu’au trajet de retour en voiture dimanche soir. Il hurlait, épuisé, je suis passée derrière pour le rassurer, il m’a rejetée avec violence. Je suis sortie de la voiture dès notre arrivée, blessée, murée dans ma carapace.

« t’as gagné, je ne monterai plus en voiture avec toi. »

La crise qui a suivi cette phrase m’a fait prendre soudain conscience de mon absolue erreur. Ce petit garçon m’a semblé totalement perdu face à cette maman dont il ne reconnaissait pas, lui non plus, le comportement. je me suis baissée à sa hauteur pour le calmer et il s’est jeté à mon cou en sanglots, me serrant de toutes ses forces de ses bras. Il me criait combien son réservoir affectif était desséché.

Et là, j’ai tout compris.

Il passe du temps à la crèche, il n’a pas l’habitude et ne comprend pas pourquoi sa maman le laisse ainsi l’après-midi, en souriant malgré ses pleurs, comme si rien n’était grave. Pour lui, c’est un chamboulement et il a eu besoin d’être sûr que sa maman l’aimait toujours, qu’elle l’aimerait toujours quoi qu’il arrive. J’ai eu la sensation qu’il me testait, qu’il voulait voir si, même en étant méchant, je serai toujours là pour lui. Il en voulait plus que le simple quotidien. Il voulait plus d’amour, plus d’attention, plus de temps privilégié.

Au lieu de répondre à son agressivité d’une façon similaire, j’ai radicalement changé mon comportement. « Quoi que tu fasses, je t’aimerais toujours, je serai toujours là pour toi mon cœur ». Depuis dimanche soir je suis en lune de miel avec mon fils. Douche ensemble, cododo pour la sieste, mots-doux et gestes d’amour. J’en ai toujours beaucoup usé au quotidien, mais là je me surpasse.

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Le résultat ? En la seule soirée de dimanche j’ai retrouvé la relation privilégiée avec mon fils. J’ai su répondre à son besoin, j’ai su combler à nouveau son réservoir, et il a rempli le mien au centuple. Il m’a montré combien il avait besoin que je le rassure en lui donnant tout l’amour dont je dispose.

Si je n’avais pas eu ce déclic, lui comme moi nous serions infligé mutuellement beaucoup de douleur. Je crois que s’il n’y avait qu’une chose à retenir, c’est celle-ci : un enfant ne fait pas de crise, ne fait pas de peine en pleine conscience : il agite juste la sonnette d’alarme : « hey ! j’ai besoin de toi, de ton attention, arrête ton quotidien et regarde-moi, écoute-moi ! »

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Introduction à Montessori

Montessori… Vous avez certainement déjà entendu ou lu ce nom et y êtes plus ou moins sensible. Si je devais résumer cette approche de l’enfant en quelques mots.. je dirais « Apprends-moi à faire seul ». C’est Maria Montessori qui a rendu célèbre cette pédagogie, cette méthode d’apprentissage et d’éducation qu’elle a mise sur pieds.

Mais qui était-elle ?

En quelques mots, elle vécut de 1870 à 1952. Elle fut à vingt-six ans la première femme psychiatre d’Italie. Elle passa des années à étudier le développement physique et psychologique des enfants. En découla une méthode d’enseignement révolutionnaire mettant l’enfant au centre de son éducation. En 1907 elle ouvrit la première école Montessori. Son travail est mondialement reconnu. En 1934, elle fuit l’Italie fasciste de Mussolini qui condamne les principes montessoriens. Durant la seconde guerre mondiale, elle se réfugie en Inde avec son fils unique Mario et se passionne pour les bébés et leur développement. Depuis son concept a fait de nombreux adeptes et on compte aujourd’hui plus de 20 000 écoles dans le monde entier !

maria montessori

Elle disait par exemple :

Nous devons offrir à l’enfant un environnement qu’il peut utiliser lui-même : un petit lavabo, un bureau avec des tiroirs qu’il peut ouvrir ; des objets d’utilisation courante qu’il peut manipuler, un petit lit dans lequel il peut dormir la nuit sous une belle couverture qu’il peut remettre lui-même. Nous devons lui donner un environnement dans lequel il peut vivre et jouer ; alors nous pourrons le voir travailler toute la journée avec ses mains et attendre impatiemment pour se déshabiller lui-même et s’allonger sur son lit.

Bref, l’idée est de redéfinir ce que nous avons toujours su et expérimenté quant à l’ensemble de la pédagogie et de l’environnement de nos enfants. je suis passionnée par cette approche que je trouve si naturelle ! Je suis en pleine quête pour créer un environnement dans cette orientation pour Loulou. Je vous soumettrai plusieurs billets sur ce thème, pièce par pièce et vous proposerai des activités variées aussi. Mais sensibilisons-nous pour l’heure aux fondements de la méthode.

Sa pédagogie dans les grandes lignes

L’enfant se développe selon sa propre nature, inutile de vouloir le cadrer ou le formater. Un enfant laissé libre, dans un environnement sécurisant, trouve naturellement du plaisir à se dépasser. Le rythme d’acquisition, propre à chaque enfant, doit donc être respecté. L’enfant doit être libre de choisir son activité et la répéter autant qu’il le souhaite, car c’est ainsi qu’il dépasse les difficultés et corrige ses propres erreurs. Ce qui compte vraiment c’est tout ce que l’enfant construit pour lui-même pendant son activité. Voilà pourquoi il ne faut jamais interrompre un enfant qui travaille car sa concentration est précieuse et doit être respectée !

Tout doit être pensé pour que l’enfant soit aussi autonome que possible dans ses activités. Selon Maria Montessori, les premières années de la vie constituent la période la plus importante pour sa construction. L’enfant a une immense capacité d’absorber tout ce qui l’entoure et s’en imprégner pour comprendre son environnement et s’y adapter. Son intelligence se construit par l’exploration de ses sens et le travail de sa main. C’est la base de la conception de toute la méthode et du matériel pédagogique.

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Certaines périodes, dites sensibles, sont propices à certains apprentissages (période sensible de l’ordre, du mouvement, du langage, du développement social, des petits objets). L’enfant doit trouver autour de lui de quoi exercer cette sensibilité particulière, à ce moment-là. L’apprentissage se fait alors facilement et en profondeur. Il est donc primordial que l’environnement offre au bon moment à l’enfant les moyens de se développer.

L’environnement de l’enfant

L’ambiance Montessori est un lieu clair, vaste et harmonieux, et surtout à échelle d’enfant. Pour encourager l’autonomie, le mobilier comporte de petites tables et chaises, et des étagères ouvertes et accessibles où se trouve le matériel. L’ensemble est harmonieux et esthétique. L’enfant apprend par le mouvement, il est donc libre de se déplacer pour choisir une activité parmi celles qui lui ont déjà été présentées. Il travaille sur une table ou au sol, sur un tapis qu’il roule et déroule lui-même. Lorsqu’il a terminé, il range son activité avant d’en prendre une autre. Le tapis est important car permet de définir clairement l’activité dans l’espace, ou encore le plateau dans les activités de manipulation (le tri, les versés etc)

La période sensible de l’ordre est extrêmement forte chez le jeune enfant, surtout entre 0 et 2 ans. Notre rôle d’adulte est de respecter ce besoin, en offrant à l’enfant beaucoup d’ordre dans son environnement et de constance dans sa vie en général. C’est cela qui lui permet de construire son monde intérieur, une stabilité et une grande confiance en lui qui le serviront toute sa vie.

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Le rôle de l’adulte

Nous sommes des observateurs bienveillants. L’observation est la base de cette pédagogie. L’adulte doit donc renoncer aux idées toutes faites et apprendre à observer avec patience, confiance, et humilité. Cette observation permet de proposer des activités parfaitement ciblées à chaque enfant.

L’adulte encourage l’enfant dans son désir de faire et refaire par lui-même. Il l’accompagne mais ne fait pas à sa place. Maria Montessori disait que toute aide inutile est une entrave au développement de l’enfant. Nous devons nous mettre à l’écoute de l’enfant et accueillir ses initiatives avec respect et bienveillance. Lorsque nous montrons à un enfant une manière de procéder, il convient de le faire le plus lentement possible, en se mettant à son niveau et en décortiquant chaque geste.

Les punitions et les paroles humiliantes sont à bannir, bien sûr, mais aussi les récompenses et félicitations trop appuyées. L’enfant devrait travailler uniquement pour lui-même et pour la satisfaction de son besoin intérieur. S’il cherche l’approbation dans le regard de l’adulte, il se retrouve perdu avec sa propre volonté. Mieux vaut décrire simplement ce que l’on voit : « Tu as versé l’eau sans en mettre une goutte à côté ! » La juste place se situe entre le retrait et la disponibilité. L’adulte peut être moteur parfois, avoir une force de proposition, mais surtout ne jamais imposer une activité.

 Le prochain billet sur ce thème sera consacré à la chambre !

 

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