Chiaravan – Espoir, Angoisses, Bonheur : la Maternité !

Une mère, une femme, des futilités mais aussi des sujets sérieux


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L’hystérosalpingographie

Un nom barbare et presque imprononçable quand on le découvre, et pourtant cet examen fait partie des principales investigations lorsque l’on débute un parcours dans la Procréation Médicalement Assistée. Il permet de vérifier l’état des trompes, car si elles sont endommagées ou bouchées, les chances d’une grossesse obtenue naturellement ou par insémination (IAC ou IAD) sont proches de zéro. En effet, l’ovule fécondé ne pourrait pas descendre dans l’utérus si les « conduits » sont bouchés.

hystero

Nous, habituées de ce type d’examens, nous l’appelons l’hystéro, et avant de nous rendre au centre médical, nous allons fouiller un peu le Net pour avoir des témoignages de filles qui ont vécu cela avant nous. Et là : l’horreur ! Je n’ai jamais lu autant de mauvaises expériences des copines en PMA et anonymes : « la douleur est atroce », « j’ai pleuré » ! Même l’infirmière qui fait mes prises de sangs habituelles me dit « j’ai fait un malaise » et me conseille de poser ma journée ! Je vous laisse imaginer combien j’appréhendais ce rendez-vous…

Comment cela se déroule ?

Plus d’infos ici.

Mon expérience

J’ai tenu à vous faire part de mon vécu, car j’aurais aimé lire des histoires moins dramatiques que celles que j’ai trouvées en 2011 !

Jeudi 6 octobre

Ce matin j’ai rendez-vous pour cette fameuse hystérosalpingographie, avant d’aller travailler.  J’ai mal dormi ! J’appréhende  la douleur à cause des témoignages que j’ai lus et entendus, ainsi que le résultat bien évidemment. Si l’examen révèle que mes trompes sont bouchées il est clair que la FIV restera l’unique option. Me voilà partie de la maison dans la fraicheur automnale, après avoir pris deux antispasmodiques comme préconisé. Le centre de radiologie n’est qu’à quelques minutes du bureau et j’y ai mes habitudes. J’ai apporté mes précédents examens ainsi que le produit de contraste comme demandé. On me fait passer en salle d’attente, et rapidement la manipulatrice radiologiste m’appelle. Elle m’installe dans la petite cabine attenant à la salle d’examen, me remet une épaisse serviette hygiénique « pour repartir », me demande d’enlever le bas et d’attendre : le médecin ne tardera pas. Bien, je m’exécute et attends sagement, à demi-nue. Mon cœur est prêt à bondir de ma poitrine ! J’essaie de me rassurer, après tout je sais que je suis endurante à la douleur et pas très sensible : cela va se dérouler parfaitement !  La manipulatrice revient dans la salle et me demande de m’allonger sur la table d’examen, sous la lumière crue des nombreux néons, en position gynécologique, face à un écran de contrôle. Là, les minutes sont longues… Le médecin arrive finalement, une bonne cinquantaine sympathique et un visage rassurant :

« – Bonjour Madame ! Ne vous inquiétez pas trop, on est là pour s’assurer que tout va bien. J’ai regardé votre IRM pelvien, vous êtes déjà sous stimulation ovarienne alors ?

– Non non, pas du tout !

– Ah dites-donc, vous avez de sacrés kystes, en effet ! » Je ris un peu jaune.

« – Vous savez comment l’examen se déroule ?

–  A peu près, oui…

– Je vais insérer un tout petit cathéter dans votre utérus, que je vais ensuite remplir avec de l’iode, et grâce à l’imagerie nous allons vérifier que l’iode, agissant en contraste, passe par vos trompes : nous pourrons alors nous assurer que celles-ci ne sont pas bouchées. Vous vous sentez bien ?

– J’avoue que c’est l’un des rares examens qui me stressent, apparemment il est vraiment douloureux ! Et de plus chaque examen qui doit être de routine nous donne de mauvaises nouvelles…

– Pour la douleur, ne vous en faites pas, c’est comme tout, j’ai plein de patientes pour qui cela se passe très bien ! Et puis, pourquoi pensez-vous avoir un souci ? Vous n’avez jamais eu d’infection, vos trompes n’ont aucune raison d’être bouchées rassurez-vous ! On y va ?

– Oui, oui » dis-je avec un sourire, en commençant à respirer profondément pour anticiper la douleur.

Le médecin place le spéculum dans mon vagin, geste pourtant anodin qui ne m’a pourtant jamais blessée, mais cette fois je ressens un vif élancement ! Cela m’inquiète pour la suite mais j’essaie de me détendre et continue de respirer calmement. Une fois en place, il attrape le col de l’utérus à l’aide d’une pince, puis réalise la procédure en injectant l’iode à l’aide d’une longue tige. Ma respiration m’aide à gérer la sensation, plus désagréable que douloureuse. Il m’invite alors à scruter l’écran avec lui après la prise des clichés radiologiques dans plusieurs positions… et observer par magie les trompes opacifiées se dessiner rapidement ! Je retiens mon souffle en attendant sa confirmation :

« – Et bien voilà, dit-il avec un grand sourire, vos trompes sont parfaites et votre utérus aussi ! En tout cas, pour la fécondation ce sera peut-être un peu plus compliqué, mais le petit nid est bien accueillant ! » enchaine-t’il avec un sourire. Me voilà rassurée, et puis en effet je n’ai pas eu si mal lors de l’examen lui-même finalement, je me suis encore fait un monde pour rien ! Je me rhabille et place la serviette dans mes dessous, puisque l’on m’a prévenue que l’iode s’écoulera durant la matinée. Un pas de plus est fait dans la bonne direction. A part cela, j’attends toujours les résultats de ma prise de sang de vendredi, les analyses sont longues !

Par contre, durant la matinée, je suis prise de fortes contractions vraiment douloureuses : l’iode s’écoule, expulsé par l’utérus. De plus je saigne, le col de l’utérus a sans doute été légèrement blessé par la pince. Je repends des antispasmodiques qui ne me calment pas vraiment, et souffre jusqu’en début d’après-midi, le plus discrètement possible derrière mon bureau. Je m’attendais à la forte douleur durant l’examen, mais je suis prise de court par ces contractions !

Et vous, comment ça s’est passé ?

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Le Miracle de la Vie

J’appelle notre fils, notre P’tit Miracle. Mais tous les enfants sont des miracles ! Vous imaginez les complications et le timing nécessaires à la fusion d’un joli ovule et d’un gentil spermatozoïde ? L’ovule doit être mûr, et cela ne dure que 12 à 24h, les p’tits nageurs doivent remonter jusqu’à lui presque à contre-courant : cela pourrait correspondre à la distance de la Terre à la Lune pour nous !! Et puis ils doivent être vifs, rapides, sans malformations…

Et même une fois la fusion faite, l’embryon doit partir se balader à son tour jusque dans l’utérus, et réussir à s’y implanter !

(je peux vous dire que je pleure presque à chaque fois que je regarde ce générique !)

Pour certains c’est normal, évident… Moi cela ma fascine. Que la grossesse soit désirée ou non, attendue plus ou moins longtemps, le miracle se produit et, démarrent alors une multitude d’autres petits miracles, pour finir, neuf mois plus tard, par donner le Bébé de nos rêves !

On imagine souvent la femme enceinte, avec une grossesse facile et épanouissante, qui mettra au monde un beau bébé à terme. On pense moins aux autres, qui n’auront pas ce parcours, avant la conception ou au long de la grossesse.

Tant de risques tout au long de ces mois : fausse couche, anomalie génétique, malformation, toxoplasmose, listériose, infection, arrêt du cœur sans raison, et j’en passe.

J’ai scruté et fêté chaque étape…

  • Une ovulation ! la seule de mon existence, merci Gygy-PMA.
  • Un pic dans ma courbe de température : la nidation !
  • Le test positif
  • Les multiples prises de sang pour s’assurer que le taux de HCG croît toujours
  • L’échographie où on l’a enfin vu !
  • Celle durant laquelle j’ai pu entendre son cœur battre, et voir ses petits bourgeons de membres
  • L’écho des 12 semaines
  • 17 semaines : l’annonce du sexe et sa pleine santé
  • 28 semaines : le septième mois
  • 32 semaines : il ne sera pas grand prématuré
  • 37 semaines il peut arriver !
  • Et la naissance…

Je pense à toutes ces femmes qui rêvent de devenir Mères, sans y parvenir, à celles qui ont perdu un enfant, à n’importe quel stade de la grossesse… 5SA, 11SA ou 25SA, cela ne change rien au vécu de la perte selon la sensibilité de chacune, c’est dur, cela détruit.

Toutes ces femmes qui crèvent de voir des ventres ronds ou des nouveaux-nés, et dont je faisais partie il y a encore treize petits mois. Celles qui se battent à chaque nouveau cycle. Pour qui les jours s’enchaînent, témoins de leur grande combativité parfois, de leur profonde tristesse souvent.

J’avais écrit avant ma première FIV :

Je le ressens tellement fort, je m’y vois tellement.. j’ai tellement hâte..
Quand je pense à tout ce cheminement, le temps, les piqûres, l’opération, le stress, l’attente et tous ces effets secondaires, à gérer avec le travail et la vie sociale..
Tout ça pour espérer voir ce +++, qui vient spontanément pour certaines, après quelques petits mois pour beaucoup… et espérer qu’il s’accroche ensuite..
Nous, on commence notre aventure, on commence à apprendre à être maman (vu à quel point on le ressent au fond de nous..) des mois et des mois, des années parfois, avant même de sentir ce petit haricot en nous… avant même qu’il y soit lové ♥

Voilà, une envie de laisser une trace de mon humeur du jour, que j’écris sur fond de rires de mon fils 😉


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Un an…

Il y a un an…

Je me lève ce matin-là après avoir pris ma température, tiens donc elle ne redescend toujours pas… Mais deuxième jour de plateau, ça veut dire que ça va s’effondrer…? Cela ajoute à mon psychotage de ces derniers jours. Je suis à 11DPO seulement, et pourtant, depuis une semaine déjà je me réveille en pleine nuit avec des brûlures d’estomac… exactement comme lors de ma première grossesse, et la vessie sur le point d’exploser ! Bizarre quand même, la seule fois que j’ai connu ça j’étais enceinte… alors pourquoi pas, et si ce premier cycle de Clomid, ma première ovulation de ma vie (!) avait porté ses fruits ? pffff tu parles, arrêtes de rêver…

LA courbe qui m'a rendue dingue !

LA courbe qui m’a rendue dingue !

Je refuse de trop y croire, alors je me pose mille questions, me palpe les seins pour savoir s’ils sont sensibles ou gonflés sur le dessus comme six mois plus tôt lors de ma grossesse… Ils le sont oui ! pfff mais à force de les toucher depuis des jours, évidemment qu’ils le sont !

On sait très bien qu’écumer le net et le forums ne sert à rien, tellement de loufoqueries… Mais alors pourquoi ne peut-on s’empêcher de le faire ?!

A force de m’observer sous toutes les coutures, couleur des mamelons compris à la recherche des premiers tubercules de Montgomery annonciateurs de grossesse, je décide de me vider la tête en allant faire quelques courses… mais la décision était prise dans ma tête : j’allais surtout à la pharmacie, acheter un test digital, le même qui, en janvier et en avril, à 11DPO aussi, m’avait annoncé que j’étais enceinte la première fois, et désespérément vide la seconde.

Une fois de retour à la maison avec mon précieux test, à 12h30, je me dis que cela ne servirait à rien de le faire en pleine journée… et puis n’y tenant plus, tant pis, s’il est négatif j’en referai un demain !

En tremblant comme une feuille de m’exécute… reviens dans le salon et pose le test sur le comptoir de la cuisine, écran face à moi. Ma tension doit monter à 18 et mon cœur semble tenter de sortir de ma poitrine ! Ce sablier qui tourne sous mes yeux, c’est juste un supplice absolu ! Et juste à ce moment-là, mon P’tit Canon (marraine de Loulou) m’envoie un sms pour savoir comment je me sens et me soutenir dans l’attente… Pas possible tout de suite de prendre mon téléphone et répondre !

Comme par hasard, j’entends le facteur arriver en bas… Ouf, je vais descendre chercher le courrier ça me fera gagner quelques secondes…

Je remonte, dans un état presque second tant je suis décomposée, vois le test toujours sur le comptoir et n’ose même plus m’en approcher, le « pas enceinte » d’Avril ayant fait très très mal ! Sauf que, affiché là, devant mes yeux, le fantasme absolu !

TEST

J’ai failli défaillir en poussant un petit cri et en écarquillant les yeux, les larmes ont coulé en même temps que mes jambes sont devenues toutes cotonneuses… Tout se mélange alors, joie si intense, mais peur tout aussi grande de revivre une triste issue qui m’a déjà détruite ! Je prends tout de suite mon téléphone et appelle mon P’tit Canon en premier, pour lui annoncer en pleurant ! (et oui Marraine a eu la primeur de l’annonce avant l’Homme vous vous rendez compte 😉 )

Puis tout de suite Fab, qui, à ma voix haut perché articulant « Allo », a compris immédiatement ! Bonheur et peur à la fois, allons-y par étapes, prises de sang toutes les 48h pour s’assurer de l’évolutivité de ce petit passager…

J’ai gardé ce test à la main les 24h qu’il est resté allumé, même pour dormir, le regardant toutes les cinq secondes, pour m’assurer que je ne rêvais pas…

Il ya un an, le reste de ma vie commençait, mon petit Bébé m’a fait son premier coucou !

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Un extrait du TEC d’Avril 2012

En avril 2012.. Après 15 mois d’essais. j’étais en plein protocole de stimulation pour mon TEC et avais couché quelques pensées… si sombres à relire ! Un extrait…

J1 de ce cycle d’avril. Ou le début de la nouvelle étape, celle qui m’apportera peut-être la joie que nous attendons !

L’ascenseur émotionnel : peur, pression, stress, espoir, défaitisme… Tout se succède et se mélange. Le fait que le TEC (transfert d’embryon congelé dans le jargon PMA) se fasse sur stimulation artificielle qui ne simule même pas un vrai cycle, mais juste des œstrogènes pour faire épaissir l’endomètre, ne me rassure pas du tout… L’immense crainte que mon bébé congelé ne reprenne pas son développement : il n’y plus de joker là…

Me prendre dans la face par celle qui est mon amie « c’est bon relativise et vis un peu »…

Envie de pleurer tout le temps, même devant des navets à la télé… Les larmes aux yeux en écrivant.
Je déteste la PMA de m’avoir déjà tant changée, de me ronger chaque jour… Il ya quelques temps, j’ai revu les vidéos de notre mariage, et ça m’a fait si mal de voir à quel point j’étais joyeuse et pleine de vie, d’humour… je ne suis plus comme ça au fond de moi, je suis sombre, triste, seule…

Je me dis (j’espère !) que cela finira par marcher, mais plus jamais, jamais je ne serai la même.
Toutes ces épreuves me détruisent et me marquent au fer rouge…

Jusque là j’essayais de ne pas trop y penser, de m’aérer la tête, me focaliser sur autre chose… Mais depuis quelques jours l’angoisse monte : de nouveaux cauchemars, des nuits agitées, de nouvelles palpitations rien que d’y penser. Et J1 est déjà là !

Avec lui, commence la prise de mon traitement : de simples comprimés d’œstradiol pour stimuler la pousse de mon endomètre, le « nid » qui accueillera (ou pas) notre unique embryon. Enfin, je n’aime pas ce terme d’embryon, peut-être trop froid, médicalisé et distant pour moi, je préfère l’appeler notre bébé congelé. C’est bien mon problème, je personnalise trop et trop vite nos potentiels bébés. Je le sais, je l’assume, qu’importe, je me laisse porter par mes émotions et mon ressenti. Et me prends d’autant plus grandes claques. Je prends le risque et vis à fond chaque moment !

J1, et le début de la planification. Appel au centre pour prendre le rendez-vous de l’échographie du dixième jour. Début du comptage des jours et des spéculations : transfert à J14, 15, 19 ? Enfin, pour le moment je répète surtout en permanence « si ». Si bébé résiste à la décongélation, si tout se passe bien… cette incertitude finira par me faire perdre la raison !

J1, correspond au premier jour du cycle. Donc le premier jour des règles. Un terme qui nous passe au-dessus de la tête avant de commencer les essais bébé. Qui prend un peu plus de sens quand on commence à compter les jours, calculer les dates plausibles d’ovulation et donc la survenue ou pas des règles.

J1 pour les femmes qui tentent de faire un bébé, signifie, du moins au début, le premier jour d’une nouvelle chance. Pour moi, c’est le premier jour d’un nouveau combat. Un jour de plus en moins, finalement. Un jour après l’autre, un pas après l’autre, étape par étape.

Tout sera « facile » (c’est bien connu, la PMA c’est facile, c’est nous qui dramatisons tout..), juste trois comprimés par jour et hop ! On vous transfère l’embryon. Ca fait rêver quand même !


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Notre parcours

Février 2011 : début des essais Bébé

Juin 2011 : je suis diagnostiquée OPK

Septembre 2011:  spermogramme : 99% d’atypies !

Janvier 2012, FIV ICSI #1 +++ suivie d’une fausse couche précoce (le spermogramme remonte à 58% d’atypies)

Avril 2012 TEC1 négatif

Mai 2012, nouveau gynéco, traitement à la metformine

Juin 2012, Metformine + Clomid… et un test de grossesse positif  le 18 !!

Le rêve devient réalité… mais les angoisses sont aussi de la partie.

20 Aout 2012, écho des 12SA, tout va bien !

17 Septembre 2012 : écho des 4 mois : c’est un garçon !

29 Septembre 2012 : son premier coup pour mon anniversaire

9 Mars 2013 : Evan rejoint nos vies