Chiaravan – Espoir, Angoisses, Bonheur : la Maternité !

Une mère, une femme, des futilités mais aussi des sujets sérieux


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{ça jacasse} #6 Un papa… fatigué !!

Aaaaahhhh l’accouchement… Un moment inoubliable, si fort pour le couple, cet homme que nous avons choisi pour mari qui nous tient la main durant toutes ces longues heures de contractions, supportant nos cris, les yeux dans les yeux, si amoureux, qui ne cesse de nous répéter combien il nous aime et combien l’on est belle, même dans la souffrance…

Ouais ben ça c’est dans les dessins animés ! MOI, j’ai accouché avec George Michael ! Oui oui 😉 Bon il n’était que dans mes oreilles, OK..

C’est parti pour ce nouvel opus {ça jacasse} !

logo ca jacasse

En femme très organisée, la valise pour la maternité était prête deux mois avant terme, une immense liste de choses à prendre soigneusement cochée au fur et à mesure était posée sur la table à langer ; le petit sac avec la tenue de naissance à part, avec mon homéopathie destinée à aider le travail, le brumisateur… et l’ipod (qui aura toute son importance pour la suite)

L’homme n’avait plus qu’à charger femme et sacs le moment venu !

Et le moment venu, après quatre jours à se demander si c’était parti ou pas, fut un vendredi soir 18h, durant lequel les contractions se mirent en place pour de bon !

J’avais expliqué à Fab qu’il lui faudrait être présent à mes côtés, ne souhaitant pas la péri tant que possible, j’avais besoin d’un partenaire à 100% ! Nous avions fait de l’haptonomie tout au long de la grossesse, pour favoriser la participation du père et travailler sur les ressentis, l’accueil du bébé…

Sur les premières heures, il a été plus ou moins présent… Je me souviens m’être assise entre ses jambes sur la méridienne dans le salon, devant la télé, voyant vaguement des images de seconde guerre mondiale (je n’ai jamais vu si peu d’un reportage !) et avoir passé une heure ainsi, me tortillant avec mes contractions toutes les trois minutes, lui me massant le bas du dos avec une huile…

Puis, vint le moment de partir à la maternité. Moi préparant le reste des sacs (ajouter la trousse de toilette, checker pour la millième fois les papiers…) et lui, me prenant une briquette de jus de raisin pour me donner un peu d’énergie (après plusieurs jours de contractions, nuits blanches et repas sautés…)

Mais, toute la bonne volonté de Monsieur fut rapidement entachée par une donnée non négligeable : l’ennemi juré du père, de la mère, et de toute personne destinée à faire des efforts (même tous petits…) : la fatigue !

Il faut savoir que mon mari, je l’aime d’Amour, mais il est toujours, toujours fatigué. Epuisé, débordé… Alors son pire cauchemar se réalisait ce soir-là : arriver à la mater à MINUIT et savoir que sa nuit allait être blanche ! Quand on nous a confirmé que nous restions pour de bon, pour lui c’était comme l’annonce de la fin du monde : non, il ne pensait pas à son fils qui allait arriver (dans de bien trop nombreuses heures à son goût…) non il ne pensait pas à l’émotion, au bonheur de la découverte… Non. L’homme pensait qu’il n’allait pas pouvoir dormir ! (et accessoirement, que sa femme allait en ch*** un peu quand même…)

J’ai donc passé tout le travail seule jusqu’à l’expulsion (non je ne fais pas mon Caliméro, j’étais super conditionnée et pour moi, chaque contraction poussait mon enfant vers mes bras) et lui, devinez ou il était et surtout comment ?

Dans le fauteuil-lit d’à côté, allongé en bouleavec un sweat à capuche sur la tête, qui recouvrait un bonnet, ET un masque-que-tu-mets-que-dans-les-avions-pour-dormir-dans-la-vraie-vie, ET des boules quiès… il ne lui manquait qu’un petit plaid à carreaux écossais !

Quelque chose dans ce genre…

Il somnolait comme il pouvait, ronchonnant comme un enfant qu’on aurait privé de son joujou, et lorsque les contractions me poussaient à émettre quelques gémissements sons il répondait vaguement quelques onomatopées qui en disaient long (du genre laisse-moi dormiiiiiiir !) Moi, toute concentrée et consciente des enjeux des prochaines heures, je l’encourageais à se reposer du mieux qu’il le pouvait… (j’aurais tout de même vraiment besoin de lui très vite !) Je trouvais même la force de beaucoup rire du côté cocasse de la situation !

Et c’est là que j’ai décidé de partager ces moments avec George ! Ipod sur les oreilles : Careless Whisper et consorts en boucle ! La sage-femme a un peu halluciné en venant me voir : à quatre pattes sur le lit avec mes écouteurs, et mon p’tit mari dormant en boule à côté !

Puis, nous sommes passés en salle de travail… la tête enfarinée, l’Homme m’a accompagnée, commençant à émerger… et puis non, finalement autant se remettre en position de sieste avec son équipement masque/boules/bonnet en salle ! Mouahahhaha ; cela reste n’empêche un super souvenir ! Sa trêve ne fut que de courte durée : l’anesthésiste arriva trente minutes après et le fit sortir pour la pose de la péri, ce qui acheva de lui remettre les idées au clair !

A son retour, il était transformé, nous avons pu attaquer les poussées (puisque tout s’est alors accéléré mais si tu es assidu, cher lecteur, tu as déjà lu mon récit d’accouchement et tu sais tout cela !) et LA, il a assuré ! Super coaching de poussée, super boulot, durant… dix minutes, ben oui, c’est le temps que le Loulou a mis pour arriver parmi nous ! Il m’a motivée en choisissant la même expression qu’au training à la salle : « Allez come on !!! »

Ahlala mon homme… Certes, il n’a pas forcément été tout ce qu’une femme peut désirer de la part du papa durant l’accouchement, mais il a été lui-même… Fatigué comme toujours, un peu grand enfant comme souvent, mais tellement Lui et tellement complice ! Et j’en garde un super souvenir, je ne changerais rien de rien, ça nous fait de chouettes anecdotes à raconter (la preuve !) Finalement, je n’aurais pas apprécié qu’il soit collé à mes basques en me demandant toutes les trois minutes comme j’allais (A TON AVIIIS ?!)

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L’arrivée d’Evan – part.2

La suite de ce 9 Mars 2013…

Comme nous avions beaucoup discuté de notre projet de naissance, de nos attentes, de ce qui était important pour nous, à chaque étape la SF a suivi nos envies autant que faire se peut : dès la péri posée, elle a tamisé les lumières, toute la suite des évènements s’est déroulée en toute intimité comme nous le souhaitions, juste nous deux, et les deux filles, dans le calme et la quiétude.

Puis, tout de suite, les rythmes du monitoring se modifient… le cœur de Doudou se ralentit.. trop, et trop longtemps… La SF me dit alors, que, bien que j’avais spécifié dans mon projet de naissance que je souhaitais éviter une rupture artificielle de la poche des eaux, elle va devoir y procéder quand même, pour accélérer le travail car le cœur de bébé n’est pas au mieux… Pas de souci pour moi, je ne m’affole pas car je sais que ces variations de rythmes sont fréquentes. Je suis alors déjà à 7 ! Ce qui m’interpelle c’est que, malgré la péridurale, je ressens à 100% son toucher vaginal et toutes les sensations, alors je m’inquiète quand même un peu de la suite !

Le cœur ralentit un peu plus. Les filles me passent alors rapidement sur le côté gauche, la position dans laquelle j’aimerais accoucher donc ça me va très bien, je sais de plus que, dans cette position, très souvent le cœur repart de plus belle ! Mais pas ici… le travail s’est fait trop vite, les contractions trop fortes et rapprochées, Evan les supporte très mal et sa descente très (trop) rapide ajoute à son malaise !

tout va très vite… la SF, inquiète, me dit tout de suite qu’on va devoir appeler la gynéco… je comprends tout de suite qu’une instrumentalisation se prépare, je reste zen bien que fort déçue, mais l’essentiel est que tout se passe bien pour bébé, et tant pis pour les instruments.. Je lui dis juste que du coup, je me prépare à l’épisiotomie, elle me répond que pas forcément, que l’on peut utiliser juste une mini-ventouse et que tout se passera bien !

Ceci dit l’ambiance a changé, les filles sont tendues, la puéricultrice appelle la gynéco, qui met du temps à arriver, le cœur ne reprend pas, je sens la SF très préoccupée. Sans presque me parler et dans la précipitation, elles me repassent sur le dos, sortent les supports de jambes, m’installent dessus et me sanglent.. Je suis un peu perdue du coup, en position gynécologique, tout ce que je voulais éviter, je sens que nous perdons le contrôle, que ça ne va pas forcément se passer comme dans nos rêves ou même que ça pourrait mal tourner pour bébé !

Je regarde Fab et dans nos yeux, beaucoup de tensions.. Je saurai plus tard était mort d’inquiétude et avait très peur de la suite des évènements.. moi, un peu dans le brouillard, je n’ai pas réalisé la portée des évènements…

La SF, stressée, décide de tenter de voir ce que cela peut donner si je pousse, pour commencer sans attendre la gynéco car apparemment les risquent augmentent et le temps se fait long. Elle me dit donc d’attraper mes cuisses, d’inspirer, bloquer et pousser… moi, perdue, je lui dis que je voudrais pousser dans l’expiration, pour essayer de faciliter la descente et préserver le périnée, elle me répond que cela ne sera pas assez efficace et que là on a besoin de rapidité !

J’essaie… Ne m’étant pas vraiment entraînée à cette technique plus brutale, le résultat est plutôt moyen…
La puéricultrice, à ma droite, me pose alors la main sur le ventre et me conseille de repousser sa main, donc vers le plafond, tout en poussant vers le bas-ventre. Je lève la tête en poussant et demande à Fab, à ma gauche, de me maintenir le cou, il pose sa seconde main sur mon ventre lui aussi pour m’aider à visualiser et m’encourager.

La poussée devient efficace !

Et apparemment, je passe de 7 à 10 en quelques minutes et mes poussées achèvent de faire descendre bébé : la SF me dit que l’on pourrait se passer de la gynéco ! Je perds toute notion de tout ce qui nous entoure, on attaque les poussées d’expulsion : j’inspire, bloque et pousse avec le coaching de Fab au top, je maintiens la poussée à fond le plus longtemps possible, la SF m’encourage, la tête descend les poussées sont super efficaces ! Je reprends vite mon souffle et repars sur une seconde, puis une troisième poussée à chaque contraction.
Ces contractions, je ne les ressens pas vraiment, par contre je ressens vraiment la tête contre le périnée et je ressens le besoin impérieux de pousser, je sais que c’est ce moment précis pendant lequel je dois tout donner, la SF me suit et notre synchronisation est formidable !

Elle est en nage et essoufflée avec moi, avec le recul je pense qu’elle a vraiment eu peur… Elle n’a même pas eu le temps de mettre un masque, les filles et Fab portent juste chemise et charlotte.

Après deux séries de poussées, durant lesquelles je suis trop concentrée pour réaliser ce qui se passe, j’entends « hop la douche ! » : je lève la tête… et vois le visage de ma SF trempé !! La poche des eaux a éclaté en plein dans son visage ! En fait la tête était engagée et faisait comme un bouchon, puis en avançant, le « bouchon » a sauté et par un appel d’air, le reste de liquide amniotique a jailli directement en geyser tout droit… sous les yeux hallucinés de Fab, dans ma pauvre SF à quelques dizaines de centimètres… heureusement qu’elle portait des lunettes finalement ! On a beaucoup ri, je ne cessais de m’excuser en disant que même si je n’y étais pour rien, j’étais désolée !! Elle m’a dit que ça arrivait rarement mais que ce n’était pas la première fois;)

Cela a bien détendu l’atmosphère, et on est repartis dans nos poussées.

A la suivante, la SF m’annonce « allez, ça y est je vois ses cheveux !! » Dans l’euphorie et l’émotion, la première chose qui me vient à l’esprit est de dire, super étonnée, « ah ben il a des cheveux ?!!! ça alors !!! » tellement persuadée qu’il serait comme Fab et moi, avec juste un petit duvet blondinet invisible ! Et d’enchaîner « Mais du coup je n’ai pas pris sa brosse! » La puéricultrice éclate de rire et me dit que si ce n’est que cela, on m’en prêtera une !

Encore une poussée, je sens nettement la tête pousser très fort sur le périnée et commencer à passer, je guette le signal pour ne plus pousser, il arrive très vite. Je sens alors clairement les doigts de la SF faire le tour de la tête avec ses doigts pour l’aider à passer à travers le périnée.. mais un temps mort d’une fraction de seconde : je comprends immédiatement qu’elle procède à une épisiotomie. Je n’y pense pas, notre bébé est bientôt là !

Une gêne absolument insupportable s’installe entre deux contractions : la tête est en train de sortir, le cou est au niveau du périnée et je souffre tellement ! Avant la contraction suivante quelques dizaines de secondes après, la puéricultrice rappelle à la SF que je souhaite l’attraper moi-même comme je l’avais précisé dans notre projet, je trouve cette attention très professionnelle est sympas mais ne peux articuler autre chose que « oui oui oui ».

Encore une contraction, je pousse toujours avec Fab à fond derrière moi, je sens les épaules qui passent, je vois la SF qui retourne bébé et je vois apparaître sa tête entre mes jambes, je me redresse instinctivement, d’un réflexe animal sans réfléchir, attrape mon bébé sous les aisselles et termine de le faire glisser hors de moi… je sens ses jambes et ses pieds qui terminent leur course dans mon corps et passent enfin eux aussi par le périnée, ressens un soulagement énorme, et le pose sur le haut de mon ventre. Je me souviens avoir été étonnée de le sentir tonique dans mes mains, alors que j’avais lu que les bébés sont souvent flasques et plus ou moins inertes, j’étais préparée à cela pour ne pas m’inquiéter inutilement.. Dans la fraction de seconde suivante, il se redresse un peu en prenant appui sur moi, lève la tête, ouvre les yeux en grand et me regarde directement, notre premier regard, intense, toujours dans notre lumière tamisée : le temps s’arrête et je ne pense à rien, je suis hors du temps, de mon corps, c’est inexplicable…

Et tout de suite, il crache toutes ses mucosités sur moi, pleure deux fois, deux petits cris, et se pose contre moi, comme une évidence… Au moment où je le pose sur moi, la puéricultrice annonce « 7h06 ! » l’expulsion a duré quelques minutes seulement, tout est allé si vite !

La SF propose à Fab de couper le cordon, cela ne lui dit rien, ce n’est pas important pour moi ; elle le clampe donc. Les filles sont étonnées de tout le vernix qui le recouvre, rare pour un bébé post-terme, je suis moi aussi surprise ! Nous l’essuyons rapidement sur moi, la puéricultrice nous couvre, et personne ne touchera mon bébé ni son cordon clampé durant plus de deux heures alors… tout ce dont nous rêvions !

Pendant ce temps la SF s’occupe de mon placenta qui est expulsé très rapidement ; elle m’informe qu’elle a malheureusement eu à recourir à une épisiotomie, car on partait en grosse et vilaine déchirure ; je lui réponds que je m’en doutais bien. On pourrait m’annoncer n’importe quoi à ce moment, je m’en moque !

Durant l’expulsion du placenta je capte vaguement la gynéco de garde arriver, halluciner de voir qu’en 15 minutes tout s’est réglé, et repartir… ce n’était pas ma gynéco je ne la connaissais pas…

Puis la SF procède à la suture de l’épisio… et là je regrette une anesthésie plus forte : je ressens chaque point, c’est extrêmement désagréable.. plusieurs fois, au bout d’un moment, je lui demande combien de points j’ai alors, elle répond à chaque fois « ohh j’y suis presque », « ohhh bientôt fini », « ohhh plus que deux ou trois… »durant une grosse demi-heure… pas grave, on s’en occupera plus tard !

Nous, nous découvrons notre doudou qui a l’air à la fois si paisible et si éveillé… il fait son premier méconium très rapidement, sur moi, nous en avons partout tous les deux !

Du coup, on plaisante avec les filles en débriefant un peu pendant ce temps, elles finissent à 8h30 ce matin-là pour rester avec nous, adorables… un tandem extra qui nous a offert, malgré les petites frayeurs, l’accouchement de mes rêves !

L’équipe de jour prend le relais pendant qu’on échange encore quelques mots, des dizaines de mercis… je n’aurais pu rêver mieux comme accompagnement dans le travail, la douleur, comme complicité, comme efficacité… La puéricultrice repassera d’ailleurs me voir le soir même à sa nouvelle garde pour me faire un coucou et voir de plus près ce gros doudou 😉

Je vois juste un souci à son pied durant le peau à peau qui m’inquiète, on me rassure tout de suite c’est fréquent les mauvaises positions in utero et cela reviendra vite:)

Les filles partent et nous laissent à notre toute nouvelle famille. La puéricultrice de jour, très sympa aussi, m’aide à mettre Evan au sein pour sa première fois, il se débrouille comme un chef, ça yest, pour moi je suis comblée… Fab aussi, mais plus en retrait car éprouvé du gros stress qu’il a ressenti auparavant…

ACCOUCHEMENT

On voit passer la puéricultrice avec mon placenta dans un ziploc, mythique, elle nous dit, toute contente, qu’il fait 590g ! hihi on hallucine un peu de ce côté décalé de la scène 😀

Et voilà, toilette rapide pour moi, couverte de méconium, pendant que Fab suit Evan avec la puéricultrice pour la pesée,  3.460kg, pince au cordon, vitamine K… Elle me le ramène et nous repartons dans notre chambre vers 10h !

Des souvenirs merveilleux, des clins d’œil plein d’humour, des images extrêmement fortes gravées à jamais, une belle complicité entre nous et notre tandem… et puis c’est vrai ce qu’on dit : à peine mon amour sur moi, j’avais déjà oublié la douleur, les contractions, la souffrance de l’expulsion… ❤

H+3


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L’arrivée d’Evan – part. 1

Attention au pavé ! Je le sépare en deux pour le rendre un peu plus digeste…

Mardi 5 Mars, 40SA+4, après un premier décollement de membrane à 39SA+6, je perds le bouchon muqueux depuis plusieurs jours, mais rien..

Second décollement en ce jour. Un monitoring plat, encore ! Je commence à désespérer de voir le terme arriver et devoir subir un déclenchement, tout ce que l’on souhaite éviter…

Le col n’a que peu bougé, passé de 1 à 1,5 et toujours postérieur. Je rentre et tente de m’occuper à autre chose 🙂

En fin de journée, première contractions ! Assez fortes mais je n’en fais pas cas pour le moment, ayant déjà eu quelques nuits de faux travail ces dernières semaines… puis elles se rapprochent alors je commence à y croire et à les chronométrer ! 2 heures, toutes les 6 minutes ! Je sens l’adrénaline monter… et les contractions s’espacent à nouveau, toutes les dix minutes en fin de soirée.. jusqu’à devenir anarchiques toute la nuit.. et ce sera comme ça jusqu’à la fin de la semaine !

Je ne dors plus car les contractions sont tout de même assez douloureuses, et suis épuisée moralement car à force de crier au loup, je n’y crois plus, à force de compter et chronométrer les contractions et m’apercevoir que rien ne se met en marche, je suis en colère contre mon corps !

Vendredi 8 Mars, jour du terme ! J’ai rendez-vous le matin pour monitoring, échographie et point… Après ces jours de contractions je croise les doigts pour que la situation ait évolué ! Juste ce matin-là, quasi plus de contractions ! Je crois rêver…

Monitoring : bien que je ne les sente pas, j’ai des contractions entre 50 et 80 assez régulières, toutes les 8-10 minutes.. ça me rassure, je me dis que celles que je ressens ces derniers jours sont donc plus fortes, et que ça a FORCEMENT joué sur le col ! Et bien NON.. rien.. je me retiens de pleurer ! Echographie, encore assez de liquide amniotique mais placenta calcifié, donc qui risque de mal remplir son rôle nourricier assez rapidement…

On parle de la suite, surveillance dans deux jours, commission le lundi pour décider du déclenchement…

Sauf si mon cas est jugé préoccupant vis-à-vis de l’état du placenta trop mature, auquel cas un médecin me rappellerait l’après-midi même pour un déclenchement en urgence… ohhh Joie… S’ensuit une après-midi de stress pour tous les deux, avec ce risque de souffrance foetale…

Puis les contractions reprennent en fin d’après-midi.. encore et toujours. Sauf qu’elles piquent un peu plus encore quand même… Au bout d’un moment je les sens plus fréquentes, et me motive alors à le chronométrer à nouveau, même si ça me fatigue au plus haut point tant je suis blasée !

Je commence donc à minuter vers 18h30-19h.. Toutes les 8 minutes, mouais, j’ai déjà connu ça, ça va s’espacer encore…

Une petite heure après, toutes les 5 minutes, et puis c’est fort quand même, je ressens mieux cette fameuse sensation de vague, qui prend dans les reins puis dans le bas-ventre, s’intensifie et repart…

J’utilise la super application « Contractomètre » que j’ai installée sur la tablette, il suffit de taper sur « début » et « fin » et tout se calcule seul : durée et intervalles. Et je m’aperçois que les contractions durent précisément 40 secondes, et l’intervalle descend très rapidement à 3-4 minutes… Ca fait mal !

Je m’assieds entre les jambes de Fab sur le canapé, il me masse le dos pour m’aider à gérer la douleur, j’y crois un peu plus là.. et lui plaisante en disant qu’on va finir à la maternité.. mouais tu parles
Je lui dis que si ça, c’est aussi du faux travail, je demande le déclenchement moi-même finalement, car incapable de revivre ces heures là pour rien !

22h, je contracte toutes les 2 minutes ! Je dis à Fab que si ça dure plus d’une heure, il faudra y aller quand même, car si rapprochées, sait-on jamais ! (jusqu’au bout je n’y crois plus !!)

23h, cela fait une heure que l’intervalle se maintient, j’ai la nausée, suis au bord du malaise (car évidemment, les contractions m’ont coupé l’appétit et j’ai eu l’excellente idée de ne pas manger le soir…et de ne pas dormir la journée en espérant au moins passer une meilleure nuit !).

Entre chaque contraction j’ai envie d’aller aux toilettes, c’est bizarre, je me dis que bébé doit descendre tranquillement (ou pas!) Je me retrouve juste vécue en culotte, à quatre pattes au pied du canapé sur le carrelage froid, à m’accrocher à l’accoudoir et danser du bassin pour gérer les contractions.. bon là il va falloir y aller !

Fab se prépare, je termine les valises : trousse de toilette, papiers etc, et m’habille. De nombreuses pauses à m’appuyer aux murs et reprendre la danse du bassin toutes les deux minutes !

On parvient enfin à partir et arrivons à la maternité un peu avant minuit. Accueillis tout de suite par une sage femme adorable qui nous apprend que ce soir c’est très calme. Rien qu’à ma tête elle en déduit de belles contractions ! Je lui explique que cela dure depuis 6h, de plus en plus rapprochées, elle me dit donc que ça a dû bien bouger, je lui réponds avec scepticisme !

Elle m’installe en salle de pré-travail, monitoring à nouveau (insupportable de rester allongée immobile…) sauf qu’au bout de dix minutes les contractions s’espacent encore et faiblissent !! On croit rêver !!! Elles sont dans les 90-100…

Entre-temps elle revient me voir pour me dire qu’elle a pris connaissance de notre projet de naissance dans mon dossier, on en discute, elle est super à l’écoute, on a un feeling exceptionnel !

Après 40 minutes durant lesquelles on note tout de même toujours une belle activité (mais rien de comparable aux heures précédentes) la SF m’examine : le col n’a pas bougé… je me dis qu’on est partis pour une très longue nuit… je la regarde en souriant mais déterminée, et lui dis que je ne repartirai pas d’ici…:D

Elle sourit et comprend tout à fait, et repart chercher de quoi me faire un bilan et poser un cathé dans le poignet par la même occasion, pour « plus tard ». Moi je me relève tout de suite, et une fois debout les contractions sont à nouveau extrêmement douloureuses et régulières… Voyant cela, elle me fait un second toucher et attend une contraction (les doigts dans le col une bonne minute à attendre la contraction, c’est plutôt inconfortable…!) A la contraction elle ressent la poche des eaux bombée, et me rassure : c’est de très bonne augure pour la mise en place du travail !

Vers 1h30, elle décide de nous installer immédiatement dans la chambre que nous occuperons les prochains jours, la 114 🙂

Voyant ma souffrance et ma fatigue, elle me propose un demi-flacon de nubin, de la morphine, en perfusion, pour m’aider à reprendre mes esprits une petite heure. Je dis oui tout de suite, sentant que ça va être très long ! Je me retrouve donc à nouveau sous monitoring pour surveiller le cœur de bébé, que la morphine peut avoir tendance à ralentir.

Elle me conseille de tenter de souffler un peu, et qu’une fois le demi-flacon passé elle reviendra voir si je me sens de bouger (ballon etc) pour faire avancer le travail. Je lui assure que OUI, je le ferai, crevée ou pas ! Durant un peu moins d’une heure, la perf me fait un peu de bien, et les contractions s’enclenchent pour de bon : à 140-160 toutes les 5 minutes !

Je gère comme je peux, somnole dans les intervalles, gémit doucement quand elles arrivent, avec des sons graves comme au chant prénatal, ça m’aide bien.. je souffre mais mine de rien la morphine m’a permis de trouver un second souffle !

Pendant ce temps, Fab, crevé, dort à côté, avec masque bonnet et boules quiès ! Et c’est moi qui lui demande s’il va bien quand mes gémissements le réveillent ! Ahhh, femme parfaite que je suis, c’est moi qui lui ai conseillé de dormir un peu car ça risquait d’être long et que je préférais qu’il soit opérationnel pour la phase d’expulsion !

Cela fait beaucoup rire la SF quand elle vient discuter avec moi entre les contractions;) Je sens qu’elle apprécie notre couple, et l’humour que je garde entre mes contractions ; en plus elle a l’air impressionnée de ma gestion de la douleur et de ma façon de respirer pour garder le contrôle…

Une fois la perf finie, elle referme la voie, me retire le monito et on attaque les exercices sur le ballon, la barre…

Je suis à nouveau toute seule, c’est parti pour 2h facile, ipod sur les oreilles en compagnie de George Michael 😀 je fais du ballon, et au final je suis mieux à quatre pattes sur le lit, à étirer mon dos et toujours danser du bassin au paroxysme de la contraction… elles se sont encore rapprochées !

La SF revient me voir et m’annonce la bonne nouvelle vers 5h : le col a bougé ! il est maintenant centré et à 3 ! Elle me dit que si je le souhaite on peut passer en salle de naissance et voir pour poser la péri… je lui réponds que c’est sans doute préférable, que jusqu’ici je gère mais que je me sens sur le fil du rasoir… Elle me félicite de ma décision car vu les 4 jours de faux travail précédents, mon corps ne tiendrait peut-être pas…

Elle repart donc tout organiser et nous dit qu’elle revient très vite nous chercher.

Bien m’en a pris ! D’un coup, je contracte toutes les minutes, je ne peux plus bouger, dès que je rate une respiration je suis submergée ! Je me concentre à fond, inspire à fond par le nez, souffle à fond par la bouche le plus longtemps possible, je suis quasi en hyperventilation mais je sens que c’est ma seule façon de gérer…

Chose étrange, j’ai un besoin impérieux de me laver les dents avant de partir en salle;)

Une fois fait, la SF revient et nous accompagne, je suis bloquée toutes les minutes à m’appuyer contre les murs et respirer, la SF est super, Fab aussi maintenant qu’il est réveillé 😀 je me sens l’âme d’une athlète de haut niveau !!

On arrive en salle, la puéricultrice se présente à nous, il est 5h50, je passe la blouse, les filles me disent que l’anesthésiste va arriver, je m’assieds sur la table, et là, contractions encore plus fortes.. elles remettent le monito en position assise pour le cœur de bébé notamment : je contracte 40 secondes toutes les minutes, là ça devient insoutenable, je ne cesse de répéter que je vais vomir, que c’est sûr, que je vais tomber dans les pommes… Les filles me coachent de manière extraordinaire, je sens que j’atteins le point de non-retour là, je dis que je ne pourrai plus en supporter beaucoup et que l’anesthésiste doit vite arriver… Enfin le voilà après une grosse demi heure ! Il m’engueule quand je bouge sur une contraction, hallucine que je contracte aussi fréquemment, bref la pose se fait, désagréable mais supportable, la péri est place vers 6h30.

Durant la pose, la SF me propose de m’accrocher à ses épaules, je lui réponds en plaisantant que vu la jument que je suis, je risque de la casser en deux en serrant lol, ça les amuse beaucoup de me voir réussir à plaisanter encore dans mes trente secondes de répit alors que j’ai même du mal à garder les yeux ouverts et ne pas dodeliner de la tête tant je suis vidée !

La péri commence à faire effet, et me fait un effet bœuf : j’adore les anesthésies : je rigole, je sens les jambes s’engourdir, et ne sens presque plus les contractions, joie dans mon cœur ! Et je me lance dans la traditionnelle ôde à la péri, les filles sont pliées en deux, Fab aussi, et moi donc 😀

La SF examine à nouveau le col, en moins d’une heure je suis passée de 3 à 6 ! On comprend mieux l’intensité des contractions, et moi malgré la douleur encore présente je suis ravie !

Les filles parient sur une naissance vers 10h, et sont déçues en me disant qu’elles finissent leur garde à 7h et qu’on ne pourra pas aller au bout ensemble. Avec mon humour à deux balles décuplé par la péri, je les chambre en disant qu’elles pourraient rester quand même hein, que c’est pas comme si elles avaient une vie quoi 😀 Elles me répondent que j’ai qu’à me débrouiller pour accoucher dans 30 minutes (lol….)

Bonne ambiance;)

La suite va être moins sympa, tout s’accélère et on a très très peur…