Chiaravan – Espoir, Angoisses, Bonheur : la Maternité !

Une mère, une femme, des futilités mais aussi des sujets sérieux


4 Commentaires

{Témoignage} Quand la grossesse n’est pas désirée…

Parce que tout n’est pas toujours rose dans la vie d’une femme, parce que parfois tout ne se passe pas comme on l’avait prévu, il est des moments où l’on doit faire face à des décisions lourdes de conséquences. Parce qu’il y a encore des tabous aujourd’hui, sur l’avortement. Des jugements. Parce que parfois, on a besoin de lire le parcours des autres, pour se rassurer, s’identifier, trouver des réponses.

Parce que toute femme, mère ou pas, jeune ou moins jeune, peut un jour se retrouver dans cette situation difficile d’une grossesse non désirée, non prévue, à un moment difficile.

Une demoiselle a eu envie de se confier à moi sur ce sujet.

En amont d’une interruption de grossesse

Quel âge as-tu ? Quelle est ta situation ? (étudiante ou dans la vie active, en couple, depuis quand etc)

J’ai 21 ans je suis étudiante en océanographie biologique à Luminy, je suis avec mon chéri ( le pere) depuis octobre.

Avant de t’apercevoir que tu étais enceinte, avais-tu pensé à cette possibilité, avais-tu une idée arrêtée sur ce que tu ferais si telle situation se présentait ? Quelle était ta position sur l’avortement, avant d’être concernée ?

Je n’y avais jamais vraiment pensé, on se dit toujours que ça n’arrive qu’aux autres. Malgré ça quand le sujet arrivait dans une discussion je soutenais que si ça devait m’arriver je ne le garderais pas à moins d’avoir une vraie situation, et que je trouvais toutes ces filles égoïstes de garder leur bébé alors qu’elles ne savent même pas s’occuper d’elles mêmes. J’ai donc toujours été pour l’avortement dans le cas d’une grossesse non désirée car il y a énormément de choses a vivre et à faire avant d’avoir des enfants. Je sais que moi je veux offrir une vie « parfaite » à mes enfants ce qui n’est pas possible sans avoir une situation stable. (études, jeunesse … )

Comment et Quand t’es-tu aperçue que tu étais enceinte ?

Je me suis aperçue que j’étais enceinte 4 semaines environ après la fécondation. Je dormais mal, avais mal aux seins, des nausées je ne supportais plus personne (surtout mon copain), je ne mangeais plus rien et quand je me suis aperçue que je n’avais pas eu mes règles j’ai fait un test. (nb : la demoiselle prend la pilule et ne l’a jamais oubliée)

Comment as-tu réagi, sur le moment, puis quel a été ton cheminement quant à ta décision ?

Ma réaction ? J’ai pleuré, pleuré et pleuré pendant 2 jours. Il n’y a pas vraiment eu de cheminement : je savais que je ne pouvais pas le garder et mon copain était d’accord avec ça donc la décision n’a pas été trop dure à prendre, bien que plus le temps passe plus je me pose des questions tout en sachant que c’est impossible de le garder.

Qui as-tu mis au courant et quel a été l’accueil de cette nouvelle ?

Je l’ai d’abord tout de suite dit à mon copain qui m’a ensuite conseillé de le dire à ma mère. Je l’ai donc aussi dit à ma mère et à certaines très très bonnes amies qui ont toute ma confiance. La nouvelle a surpris tout le monde sauf mon copain qui s’en doutait au vu de mes humeurs changeantes et de mes nausées. Mais tout le monde est là pour moi et c’est vraiment un vrai plus d’avoir les personnes qu’on aime à ses côtés dans ce moments la. Même si c’est très très dur il faut en parler, c’est trop d’émotion pour une seule personne. Et il ne faut jamais oublier qu’une maman c’est là dans les bons et mauvais moments, c’est vraiment LA personne à qui il faut parler.

Une fois ta décision prise, parle-nous des étapes… As-tu été orientée facilement ? as-tu trouvé des oreilles bienveillantes auprès du corps médical ?

Après avoir fait une prise de sang et avoir bien discuté avec le père pour être sur de notre décision je suis allée chez le médecin qui ma dirigée vers un gynéco. Le lundi 2 septembre je suis donc allée passer une écho chez le gynéco et il m’a expliqué comment ça allait se passer. Je n’ai pas vraiment été orientée je me suis débrouillée seule. Au niveau de l’oreille attentive je dirais plutôt bof, pour les médecins c’est une situation banale, il m’a juste donné une ‘fiche d’information des patientes ». Il m’a expliqué aussi que la loi l’oblige à me laisser un délais de 7 jours de réflexion avant l’avortement j’ai donc rdv le mardi d’après : le 10 septembre. Ces sept jours sont très dur pour moi comme pour le papa parce qu’on arrête pas de se dire « et si ». Et si on le gardait, et si c’était une fille et si c’était un garçon. Même si on sait qu’on ne peut pas le garder on est obligés de se poser ces questions.

Comment se passe l’interruption de grossesse à proprement parler ?

Le gynéco m’a donc donné tout pleins de papiers et d’ordonnances, et il m’a expliqué que l’on va faire un IVG médicamenteux. Cela se passe en 3 étapes ( 2 si vous connaissez votre groupe sanguin ). Moi j’ai du aller faire une prise de sang pour voir si j’étais rhésus positif ou rhésus négatif, car si j’étais R- je devais avoir une transfusion sanguine pour éviter les complications dans mes futurs grossesses. La prise de médicaments en elle-même se fait en 2 fois à 48h d’intervalle. Le premier la mifépristone qui prépare l’utérus à se contracter et favorise l’ouverture du col de l’utérus, le deuxième se prend 2 jours plus tard (les prostaglandines) et provoque des contractions et l’expulsion de l’œuf. Tout ça c’est écrit sur un papier maintenant je ne sais pas encore concrètement comment cela va se passer.

Quelles sont tes questions quant à cet acte, tes craintes ?

Beaucoup de questions, en particulier celle de la douleur physique et morale. Est ce que je vais avoir mal ? Qu’est ce qui va se passer ? Est ce que je vais beaucoup saigner ? Est ce que je vais être en état pour aller en cours ? Mais aussi LA question de comment je vais me sentir après ? Beaucoup parlent de traumatismes semblables à ceux causés après un accident. Perte d’appétit, de sommeil, cauchemars à propos de l’enfant … Et je pense que c’est d’ailleurs ce qui me fait le plus peur. Comment je vais le vivre après. Car même si je sais que c’est la bonne décision pour moi, pour mon copain, pour ma famille, pour le bébé, je ne peux m’empêcher de me dire que je vais tuer mon bébé et ça c’est très très très dur à accepter pour moi comme pour le papa.

Le corps médical a t’il su y répondre et te rassurer, te préparer ?

En ce qui concerne le corps médical il prépare aux douleurs physiques mais pas vraiment psychologiques. Personne ne peut vraiment préparer à ça de toute manière.

T’a t’on proposé un soutien psychologique si tu en ressentais le besoin ?

Oui on m’a effectivement proposé un soutien psychologique et pour l’instant je n’ai pas répondu je verrai si j’en ai besoin après l’avortement mais pourquoi pas si cela est trop dur.

Tes proches sont-ils à tes côtés, t’accompagneront-ils à l’hôpital ?

Mes proches sont à mes côtés et seront présents le « jour J » c’est un soulagement de ne pas être seule face à ça.

Comment envisages-tu l’après, ton ressenti ?

Comme je l’ai dit « l’après » me terrifie. Je suppose que je reprendrai une vie « normale » sans vraiment jamais oublier ce qu’il m’est arrivé.

/!\ APPEL A TEMOINS /!\

Avez-vous vécu pareille situation ? Pouvez-vous rassurer notre miss sur l’acte lui même, les douleurs, votre ressenti ?

(plus d’infos sur ce que dit la Loi ici)

Rendez-vous sur Hellocoton !