Chiaravan – Espoir, Angoisses, Bonheur : la Maternité !

Une mère, une femme, des futilités mais aussi des sujets sérieux


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Deux ans…

Deux ans. Incroyable. Chouchou devient aujourd’hui, officiellement, un petit garçon, un bambin ! L’heure pour moi, après quelques mois d’activité plus que réduite sur le blog, de vous dresser un petit bilan.

Depuis ses premiers jours, nous suivons les préceptes de l’éducation bienveillante. Je vous ai déjà parlé des notions de réservoir affectif et d’écoute empathique. Jamais, jamais, je n’ai dit à mon fils « ce n’est rien » quand il pleurait. Jamais je ne lui ai dit quelque chose du genre « c’est bien fait ». Jamais je ne l’ai menacé. Et évidemment, chez nous, personne ne tape personne, sous aucun prétexte. Adulte, enfant, chien, chat. Pire encore, nous ne lui disons jamais NON.

Quel laxisme !

Que nenni ma bonne dame. Je suis plus sournoise maligne que cela 😉 Nous ne lui disons jamais non. Mais il ne vit pas dans un environnement dépourvu de règles pour autant ! Je sais contourner les choses. Il veut à tout prix faire une bêtise. Au lieu de dire non, j’attire son attention sur autre chose « ooh et si tu allais plutôt faire un câlin à Gros Chat / chercher Nounours / coller des gommettes ? » Et cela marche, vraiment.

Il ne veut pas ranger. Je lui explique que tant qu’il n’aura pas rangé, il ne passera pas à autre chose, et que pour faire vite ce qu’il veut il est préférable de vite tout ranger ! Ça marche aussi. Mais ce qui marche du tonnerre ? LA question qui le fait réfléchir, qui fait appel à son sens logique : « Comment pourrais-tu faire pour que le caddie soit plein de tous les jouets qui sont au sol ? » Il réfléchit une demi-seconde. Et prend, lui-même, l’initiative de tout ranger. Et cela le rend tellement fier : il l’a fait tout seul.

Et quand vraiment il faut arrêter le carnage, c’est le STOP que j’emploie (oui oui, comme dans l’éducation canine que j’emploie depuis toujours, ben quoi ?)

Nous avons sauté à pieds joints dans cette sainte période de terrible two il ya quelques mois déjà, je dirais même depuis ses 18 mois. Et pourtant, je le vis très bien.

Le terrible Two

On en frémit rien qu’à son évocation. Mais je crois que tout est question de perception. Evidemment, si je prends toutes ses sautes d’humeur et ses crises de pleurs pour (contre !) moi, je ne peux que me braquer moi aussi et perdre patience ! J’ai une autre approche. Je sais à quoi correspond cette période. Je sais le tsunami d’émotions qui le submerge. Cette envie de faire tout seul, mais sans en avoir encore les pleines capacités. Cette envie de dire tellement de choses que je vois bien que les paroles vont plus vite dans son cerveau que ce qu’elles ne sortent dans son langage. C’est dur à vivre pour ces petits êtres. Ils ont envie de prouver, de se prouver, qu’ils existent à part entière. Leurs NON incessants sont leur seule façon de nous montrer qu’ils ont leur propre libre-arbitre. Je crois qu’en ayant conscience de tout cela, on gère beaucoup mieux ces moments délicats.

Quand il me dit non, ou s’oppose, si ce n’est rien de grave je dis « OK » et on passe à autre chose. Et du coup il fait ce que je lui ai demandé instantanément. Si c’est une consigne non négociable du genre « tu vas ranger tes affaires », j’essaie de limiter sa possibilité : « Préfères-tu ranger seul, ou avec moi ? » Il a, là encore, la sensation de faire ses propres choix et j’essuie ainsi un peu moins de non…

Vivre avec un enfant en terrible two, c’est un peu vivre avec un schizophrène. Un soir « Mamaaaan t’aime très fort, t’aimerai toujouuuurs ! » et le lendemain « Maman PAS BELLE ! » puis quelques minutes après « Petit caliiiin Mamaaaan » Si, Si. On s’y fait ! Tsunami je t’ai dit.

L’approche Montessori

Ces derniers temps je mets de plus en plus d’activités Montessori en place. Cartes de nomenclature, éveil des sens, découpage, jeux ludiques avec les couleurs… Il est très appliqué et curieux. J’ai remarqué que ce type d’activité parvient à le canaliser, lui d’ordinaire si speed. Ces quelques moments de calme l’aident à s’apaiser, chaque jour un peu plus, et toujours dans la découverte des choses de la vie. J’aime tout particulièrement cette pédagogie, axée essentiellement sur le « apprends-moi à faire seul ».

Un puzzle animaux marins, dont on fait le parallèle avec les photos du petit livre : associations et réflexion. Je double avec des cartes de nomenclature.

Lui, et ses deux ans, en quelques anecdotes

  • Ses crises ne durent jamais plus de 10 secondes. Jamais.

    Un petit livre photo de SON histoire. Je le recommande ! C’est super pour lui de découvrir d’où il vient !

  • Il fait des tonnes de bisous et câlins.
  • Il est toujours allaité et on KIFFE !
  • Il lit, lit, lit….
  • Il est très poli, bien que je n’aie jamais insisté lourdement sur ce point.
  • Il reconnait sa droite et sa gauche après une seule fois ou je lui ai dit.
  • Il épelle son prénom et nom de famille depuis ses 18 mois et reconnaît beaucoup de lettres de l’alphabet.
  • Il peut découper pendant des heures, assis à table, des images de magasines, des petites chutes de papier… Avec ses petits ciseaux de maternelle il est très fier de pouvoir tout gérer seul.
  • Il voue une passion à la peinture.
  • Il est à fond dans l’imaginaire depuis 2 bons mois. Ainsi nous buvons du thé factice, il passe des heures à réparer les roues de ses véhicules ou à leur faire le plein d’essence.
  • Très proche des animaux, il donne les croquettes aux chiens et aux chats, les brosse, les serre de toutes ses forces contre lui.
  • Il fait la lessive presque tout seul et passe l’aspirateur.
  • C’est un Terminator du dodo de journée. Parfois il reste éveillé de 7h30 à 20h30-21h. Il se gère et s’aménage des périodes de repos, vautré sur le canapé au calme.
  • Il adore préparer le repas, et manger. Quand je lui demande ce qui lui ferait plaisir comme plat, il peut me répondre qu’il a envie de pois cassés ou de brocolis.

Chou frisé sauté aux oignons, baies de goji, graines de sésame et sauce soja, accompagnés de pois cassés… Yummy !!

  • Notre balade dominicale à trois est primordiale. Une heure de tricycle durant lesquelles nous observons la nature, les tracteurs, les champs, le ruisseau… Joie de vivre à la campagne.
  • Très possessif, il n’a pas envie de décrocher sa puéricultrice préférée à la crèche et fait des crises quand elle s’occupe d’autres enfants. A l’inverse, à la maison il ne se montre pas du tout jaloux des autres, enfants ou adultes. Il est par contre très demandeur, d’attention, d’amour…

Bref, un enfant plein de joie de vivre, toujours aussi intense depuis ses tous premiers jours, beaucoup de bonheur aussi au quotidien. Je suis fière de partager chaque moment de sa vie, chacune de ses expériences. C’est un régal de le voir évoluer.

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Prendre le temps…

Avec un BABI (un enfant hypersensible et hyperactif en quelques mots) les moments de calme sont rares, quoique de plus en plus chaque jour. Il faut dire que nous mettons en place des activités qui tendant à l’apaiser, type coloriage, lecture, musique, câlins avec les chiens, jardinage. Et puis, comment apprendre à un enfant à se poser quand nous-mêmes, passons nos journée à courir ?

Essayons de prendre le temps, un petit peu chaque jour… Et surtout, de donner le temps à l’enfant de faire, d’expérimenter à son rythme. Bien sûr tout irait plus vite si nous le faisions à sa place. Mais est-ce vraiment le but ? Pas pour moi.

  • Faire un détour en rentrant de la crèche pour aller regarder les parapentes atterrir,
  • Arracher les mauvaises herbes dans le jardin et le déposer dans la poubelle,
  • Nettoyer à l’éponge les crayonnages sauvages sur le carrelage,
  • Brosser les chiens,
  • Dessiner,
  • Jouer dans l’eau même s’il faut se changer après,
  • Mimer une joute avec chacun un manche à balai au travers de la maison,
  • S’amuser avec des baguettes chinoises en travers de la bouche,
  • Danser sur une musique que l’on aime,
  • Apprendre à se savonner et se rincer tout seul sous la douche, à se laver les dents,
  • Jouer tout seul au synthé, doigt après doigt,
  • Allumer et éteindre les lumières,
  • Faire des attaques de bisous,
  • Jouer à cache-cache
  • Simplement traîner dans le jardin, à trier les cailloux,
  • Regarder les étoiles avant d’aller dormir
  • Ne RIEN faire. Regarder les mouches voler, laisser aller l’imaginaire… se reposer tout simplement !

On peut en faire, des choses… Alors oui , certaines demandent plus de temps que d’autres… Mais, simplement chanter ensemble sur une musique que l’on aime en voiture, ou faire d’une activité obligatoire un jeu dans lequel tout le monde y prend du plaisir, cela reste jouable…. si l’on accepte de laisser l’enfant en nous remonter à la surface !

 

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Quand un malentendu perturbe notre équilibre

Cela fait plusieurs mois que je veux prendre le temps de vous parler d’une notion capitale pour moi : le réservoir affectif. Les évènements de ce weekend m’ont poussée à écrire là, maintenant, tout de suite, tant ils ont été saisissants à mes yeux.

Pour vous résumer le principe, le réservoir affectif d’une personne (et oui, ça marche de la même façon chez les adultes) c’est le besoin d’amour, de reconnaissance et de sécurité que chacun éprouve. Plus on répond aux besoins de l’autre, plus on est attentif à ses émotions, plus il se sent aimé, compris et rassuré sur l’essence même de son être. Et plus son réservoir est plein. Un enfant dont le réservoir affectif est comblé sait que vous, ses parents, serez toujours là pour lui, il sera donc plus enclin à vous « lâcher » pour découvrir le monde, puisqu’il sait que vous serez là pour le rattraper si besoin, quoi qu’il arrive. D’où le fait que materner son enfant ne le conduit pas à être pot-de-colle et ignare, bien au contraire. Un enfant au réservoir affectif gonflé à bloc possède toutes les clés pour s’épanouir dans la bienveillance. Je développerai plus longuement ce vaste thème dans d’autres billets. Intéressons-nous aujourd’hui au malentendu entre mon fils et moi de ce weekend.

Il a débuté la crèche à la rentrée et ça se passe très bien, il y dort, joue, goûte, impeccable. Mais pleure toujours quand je l’y laisse. Et on le comprend bien, pauvre chat il lui faut un peu de temps pour s’adapter. Mais la semaine dernière c’est Mamy qui est allée le chercher deux soirs, j’avais des rendez-vous. Et dès vendredi soir, l’enfant qui était jusqu’ici très fusionnel avec moi m’a totalement rejetée.

Il ne cessait de réclamer « mamy, mamy », se jetait dans ses bras pour s’y blottir et mieux me repousser ; a même commencé à me taper et refuser les câlins en hurlant. Quelle claque pour la maman fusionnelle que je suis. Ce weekend a été terrible pour moi : il a préféré rester contre son père, loin de moi ; m’éloignant de la main à chaque tentative d’approche, appelant son père ou sa grand-mère lors du coucher…

Des larmes, j’en ai versées. Pour le coup, mon réservoir affectif était à sec et je me suis sentie totalement désaimée du monde entier. J’avais beau me dire que c’était normal, que cela correspondait avec le début du terrible two et que le dé-fusionnement d’avec sa maman devait passer par cette phase de rejet, je n’en ai pas eu moins mal au fond de mon cœur.

Qui dit réservoir affectif vide dit réaction idiotes et tout aussi vides d’amour. Je me suis aigrie et ai dit à mon fils ce que j’ai cru qu’il voulait entendre : « puisque tu ne veux plus de moi », « puisque tu ne m’aimes plus ». Je savais que c’était faux. Mais mon cœur me criait le contraire. Sans surprise, ces mots ont aggravé son comportement, son agressivité, son rejet vis-à-vis de moi. Jusqu’au trajet de retour en voiture dimanche soir. Il hurlait, épuisé, je suis passée derrière pour le rassurer, il m’a rejetée avec violence. Je suis sortie de la voiture dès notre arrivée, blessée, murée dans ma carapace.

« t’as gagné, je ne monterai plus en voiture avec toi. »

La crise qui a suivi cette phrase m’a fait prendre soudain conscience de mon absolue erreur. Ce petit garçon m’a semblé totalement perdu face à cette maman dont il ne reconnaissait pas, lui non plus, le comportement. je me suis baissée à sa hauteur pour le calmer et il s’est jeté à mon cou en sanglots, me serrant de toutes ses forces de ses bras. Il me criait combien son réservoir affectif était desséché.

Et là, j’ai tout compris.

Il passe du temps à la crèche, il n’a pas l’habitude et ne comprend pas pourquoi sa maman le laisse ainsi l’après-midi, en souriant malgré ses pleurs, comme si rien n’était grave. Pour lui, c’est un chamboulement et il a eu besoin d’être sûr que sa maman l’aimait toujours, qu’elle l’aimerait toujours quoi qu’il arrive. J’ai eu la sensation qu’il me testait, qu’il voulait voir si, même en étant méchant, je serai toujours là pour lui. Il en voulait plus que le simple quotidien. Il voulait plus d’amour, plus d’attention, plus de temps privilégié.

Au lieu de répondre à son agressivité d’une façon similaire, j’ai radicalement changé mon comportement. « Quoi que tu fasses, je t’aimerais toujours, je serai toujours là pour toi mon cœur ». Depuis dimanche soir je suis en lune de miel avec mon fils. Douche ensemble, cododo pour la sieste, mots-doux et gestes d’amour. J’en ai toujours beaucoup usé au quotidien, mais là je me surpasse.

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Le résultat ? En la seule soirée de dimanche j’ai retrouvé la relation privilégiée avec mon fils. J’ai su répondre à son besoin, j’ai su combler à nouveau son réservoir, et il a rempli le mien au centuple. Il m’a montré combien il avait besoin que je le rassure en lui donnant tout l’amour dont je dispose.

Si je n’avais pas eu ce déclic, lui comme moi nous serions infligé mutuellement beaucoup de douleur. Je crois que s’il n’y avait qu’une chose à retenir, c’est celle-ci : un enfant ne fait pas de crise, ne fait pas de peine en pleine conscience : il agite juste la sonnette d’alarme : « hey ! j’ai besoin de toi, de ton attention, arrête ton quotidien et regarde-moi, écoute-moi ! »

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